En Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo passe à l’acte. Réélu en mai à la tête du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), l’ancien président a annoncé lundi 10 août une nouvelle répartition des responsabilités au sein de sa formation. Cinq proches collaborateurs ont été nommés à des postes stratégiques afin d’assurer une gestion plus collégiale du parti.
Laurent Gbagbo avait initialement évoqué la possibilité de confier une partie de ses prérogatives à une seule personnalité. Finalement, cinq responsables déjà bien implantés dans l’appareil du PPA-CI se partagent ces nouvelles fonctions.
Assoa Adou est nommé premier vice-président, avec notamment pour mission de veiller au respect de la ligne politique du parti. Hubert Oulaye devient deuxième vice-président, chargé de la vie du parti et de la présidence des réunions du comité central.
L’ancien ambassadeur Emmanuel Ackah occupe désormais le poste de troisième vice-président, chargé de l’animation du PPA-CI. Justin Katinan Koné conserve, lui, la responsabilité de la politique générale du parti. Sébastien Dano Djédjé prend pour sa part la tête du Conseil stratégique et politique, dont il assurera la supervision.
L’annonce a été faite par Jean Gervais Tcheidé, secrétaire exécutif du PPA-CI. Selon lui, cette nouvelle organisation doit permettre au parti de s’appuyer davantage sur le travail collectif de ses responsables et militants.
Une direction plus collégiale
Pour Laurent Gbagbo, cette redistribution des responsabilités marque une évolution vers une direction « davantage collégiale », reposant sur une complémentarité des fonctions et une action commune.
Cette réorganisation ne signifie toutefois pas nécessairement un changement de gouvernance au sommet du PPA-CI. Pour l’analyste politique Abdourahmane Barry, les cinq responsables auront surtout la charge de la gestion quotidienne du parti, tandis que le leadership politique demeure entre les mains de Laurent Gbagbo.
La délégation concerne ainsi principalement la gestion pratique et courante de la formation politique, selon le sociologue.
Une étape vers l’avenir du PPA-CI ?
Au-delà de la gestion quotidienne, cette nouvelle organisation pourrait également avoir une dimension politique à plus long terme. Le politologue Geoffroy-Julien Kouao estime que la délégation décidée par Laurent Gbagbo peut être interprétée comme une manière de préparer progressivement la succession à la tête du parti et, à terme, son retrait de la vie politique ivoirienne.
Le PPA-CI entend désormais renforcer son organisation et consolider ses bases. L’objectif affiché par Laurent Gbagbo est de disposer d’une formation suffisamment solide pour poursuivre son engagement en faveur de la démocratie et de la liberté.
Tenplar Ngwadi
