Une opération de bouclage des motos, tricycles et véhicules a dégénéré le 31 juillet 2026 à Baraka, dans le territoire de Fizi, au Sud-Kivu. La Société civile CJIOP-RDC dénonce des violences et de graves violations présumées des droits humains impliquant des éléments de la Police nationale congolaise (PNC), appuyés, selon elle, par certains Wazalendo.
Les motards contestent les taxes et le bouclage
L’opération, menée à travers le Centre synthétique de la DPMER/Fizi-Baraka, visait à contraindre les conducteurs à se conformer aux mesures provinciales relatives aux documents de bord, notamment le permis de conduire, la vignette et les plaques d’immatriculation.
Selon la Société civile, plusieurs motards avaient exprimé leur opposition, réclamant notamment que les projets de développement annoncés grâce aux recettes des précédentes opérations de bouclage soient d’abord exécutés.
Malgré ces revendications, l’opération aurait été maintenue par le chef du Centre synthétique de la DPMER/Fizi-Baraka, Benjamin Misanga. La situation aurait ensuite dégénéré.
Un mort et plusieurs blessés signalés
La Société civile rapporte le décès de Byamungu Mutambala Katerai, présenté comme agent chauffeur de la CNR/Fizi. Selon cette source, l’homme serait décédé sur place à la suite d’une crise d’hypertension, après avoir été fortement traumatisé par des tirs à balles réelles effectués à proximité.
Plusieurs autres personnes auraient été blessées par balle au cours des incidents. Parmi les victimes citées figurent notamment Emmanuel Malisawa, résident de Kalinga-Sud, qui aurait été atteint à la tête ;
Ushindi Crispin, également résident de Kalinga-Sud, blessé à la jambe gauche ; Ramazani Abdallah, résident du quartier Aebaz I, qui aurait reçu une balle au niveau des côtes ; Mastori Mukinga, dont les circonstances précises des blessures restent à documenter.
La société civile réclame des explications
La Société civile CJIOP-RDC condamne ce qu’elle qualifie de recours disproportionné à la force et demande que les circonstances exactes des incidents soient établies.
Elle appelle également les autorités provinciales et sécuritaires à faire la lumière sur les tirs rapportés, à identifier les éventuels responsables et à garantir la prise en charge des victimes.
La situation soulève par ailleurs la question de la mise en œuvre des mesures de contrôle etl de taxation des engins roulants à Baraka et dans le territoire de Fizi, ainsi que celle de la transparence dans l’utilisation des recettes générées par ces opérations.
Une enquête indépendante et les réactions de la PNC, de la DPMER et des autorités provinciales restent nécessaires pour établir précisément les responsabilités et le bilan de ces incidents.
La Gazette du Continent
