À la veille de la commémoration nationale du GENOCOST, Géno-destruction pour des raisons économiques commémorées officiellement chaque 2 août en République démocratique du Congo, quatre-vingt-deux écrivains, poètes, universitaires, experts en politiques éducatives et acteurs culturels ont appelé les autorités congolaises à faire de la littérature un levier central de l’éducation mémorielle.
Cet appel a été lancé le samedi 1er août 2026 à Kinshasa, à l’issue d’une rencontre organisée au Musée national de la RDC par la Fondation Nick Elebe, en partenariat avec le Forum des éducatrices africaines (FAWE-RDC). Les participants ont rendu publique une lettre ouverte dans laquelle ils proposent de renforcer la transmission de la mémoire collective à travers les œuvres littéraires congolaises.
Au cœur de leurs recommandations figure la création d’un Corpus national des œuvres mémorielles congolaises. Cette collection regrouperait des romans, recueils de poésie, témoignages, ouvrages destinés à la jeunesse, podcasts et autres productions culturelles consacrés à la mémoire des conflits ayant marqué le pays.

Selon les signataires, cet outil permettrait de préserver les récits des victimes, de renforcer la résilience des communautés, de promouvoir la paix et de contribuer à prévenir la répétition des violences.
Les auteurs de la lettre ouverte préconisent également l’intégration de cette éducation mémorielle dans les programmes scolaires. Ils suggèrent notamment l’élaboration de guides pédagogiques, la formation des enseignants ainsi qu’une collaboration renforcée entre les ministères de l’Éducation nationale et de la Culture afin de faciliter l’utilisation de ces œuvres dans les établissements scolaires.
Pour les initiateurs, faire découvrir aux élèves les productions des écrivains congolais constitue un moyen de transmettre la mémoire des tragédies vécues par le pays tout en valorisant le patrimoine littéraire national. Ils estiment que cette démarche peut contribuer à promouvoir les valeurs de paix, de réconciliation, de cohésion nationale et de citoyenneté auprès des jeunes générations.
Cette initiative intervient à la veille de la commémoration du GENOCOST, journée nationale dédiée à la mémoire des millions de Congolais victimes des violences armées, particulièrement dans l’est du pays. Chaque année, cette date est marquée par des activités de recueillement, de sensibilisation et de plaidoyer en faveur de la reconnaissance des souffrances des populations affectées par les conflits.
Signalons que le terme GENOCOST signifie Géno-destruction pour des raisons économiques (Genocide for Economic Costs). Commémoré officiellement le 2 août, il vise à honorer les millions de victimes des guerres et de l’exploitation économique illégale des ressources naturelles en RDC depuis trente ans.
Magloire Mutulwa
