À l’occasion de la Journée nationale de commémoration du Genocost, célébrée ce 2 août, le président de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), Paul Nsapu, a rendu hommage aux millions de victimes des conflits armés en RDC. Il a réaffirmé le droit des victimes à la vérité, à la justice et à la réparation, tout en appelant à une paix durable.
Un hommage aux victimes des conflits armés
Dans son message, Paul Nsapu a indiqué que la CNDH s’incline « avec respect devant la mémoire de toutes les victimes des conflits armés qui endeuillent notre pays depuis plusieurs décennies, et particulièrement depuis le 2 août 1998 », date marquant le déclenchement de la deuxième guerre du Congo.
La CNDH exprime sa compassion envers les familles des victimes, les survivants des massacres, les personnes déplacées, les réfugiés, les femmes victimes de violences sexuelles liées aux conflits, les orphelins ainsi que toutes les communautés affectées par ces tragédies.
Mettre fin à l’impunité
La CNDH rappelle que la RDC continue de payer un lourd tribut en raison des conflits armés, des attaques contre les civils, de l’exploitation illicite des ressources naturelles et des violations répétées des droits humains.
Elle souligne que les massacres de civils, les exécutions extrajudiciaires, les violences sexuelles comme arme de guerre, le recrutement d’enfants soldats, les disparitions forcées, les déplacements massifs de populations, les attaques contre les écoles et les structures sanitaires ainsi que le pillage des ressources naturelles peuvent, selon les circonstances, relever de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité ou d’autres crimes internationaux.
La Commission rappelle également que le rapport Mapping des Nations Unies, publié en 2010, a recensé 617 incidents graves commis en RDC entre mars 1993 et juin 2003, et demeure une base essentielle pour établir les responsabilités individuelles dans la lutte contre l’impunité.
Appel à la paix et au respect des droits humains
Face à la poursuite des violences dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, la CNDH se dit préoccupée par les atteintes persistantes au droit à la vie, à la sécurité et à la dignité humaine. Elle appelle les autorités judiciaires nationales, les mécanismes régionaux africains et les juridictions internationales compétentes à poursuivre les auteurs des violations graves des droits humains.
La Commission exhorte également les partenaires nationaux et internationaux à soutenir les initiatives visant à protéger les populations civiles, rétablir une paix durable et promouvoir la réconciliation nationale.
Enfin, la CNDH invite les institutions publiques, les organisations de la société civile, les établissements d’enseignement, les confessions religieuses, les autorités coutumières et les médias à promouvoir une culture des droits de l’homme, de la paix, de la tolérance et du vivre-ensemble.
En conclusion, Paul Nsapu rappelle que le devoir de mémoire « ne constitue ni un exercice de vengeance ni un instrument de division », mais « une exigence de justice, une reconnaissance de la dignité des victimes et une condition indispensable à une réconciliation véritable fondée sur la vérité ».
« La mémoire est un devoir, la vérité est un droit, la justice est une exigence, la paix est notre responsabilité commune. Ne pas oublier, ne jamais répéter. Plus jamais ça », a conclu le président de la CNDH.
Zacharie Mikounga
