La Coalition Article 64 (C64) a vivement contesté les conclusions du rapport publié par la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH-RDC) sur les violences survenues lors du sit-in du 12 juin 2026 devant le Palais du Peuple à Kinshasa.
Estimant que ce document ne permet pas d’établir toute la vérité sur les faits, elle appelle à l’ouverture d’une enquête internationale indépendante afin de faire toute la lumière sur ces événements.
Dans un message publié sur son compte X, l’opposant Martin Fayulu a accusé la CNDH d’avoir produit un rapport « fantaisiste » visant, selon lui, à disculper les responsables des violences. Il a annoncé que les avocats des victimes ont déjà saisi l’Auditorat général près la Haute Cour militaire afin que les responsabilités soient établies.
« La vérité ne sera pas étouffée. Nous exigeons une enquête réellement indépendante », a-t-il affirmé.
Dans une déclaration officielle, la Coalition Article 64 indique prendre acte du rapport de la CNDH, tout en relevant que celui-ci reconnaît l’existence de graves violations des droits de l’homme, notamment des arrestations et détentions arbitraires, des atteintes à l’intégrité physique, des traitements cruels, inhumains ou dégradants, ainsi que des cas d’extorsion et de spoliation. Selon le rapport, ces actes seraient attribués, selon les cas, à des éléments de la Police nationale congolaise, à des personnes présentées comme appartenant à la « Force du Progrès » ainsi qu’à d’autres individus impliqués dans les incidents.
Pour la coalition, cette reconnaissance constitue une étape importante, mais demeure insuffisante pour répondre aux exigences de vérité, de justice, de réparation et de non-répétition auxquelles les victimes ont droit.
La C64 reproche notamment au rapport de ne pas retranscrire fidèlement certains témoignages recueillis auprès des victimes. Elle critique également les déclarations publiques du président de la CNDH, Paul Nsapu, estimant qu’elles minimisent la gravité des faits et fragilisent la crédibilité de l’institution.
La coalition estime par ailleurs que le rapport ne permet pas d’établir les circonstances des décès et des disparitions signalés lors des événements. Elle rappelle que deux personnes enlevées devant le siège de l’ECiDé restent toujours portées disparues et demande aux autorités de prendre toutes les mesures nécessaires pour les retrouver et identifier les responsables de leur disparition.
Autre point soulevé par la C64, le rapport ne distinguerait pas suffisamment les responsabilités des manifestants pacifiques de celles des forces de sécurité, pourtant soumises, selon elle, aux principes de légalité, de nécessité, de proportionnalité et de responsabilité dans le recours à la force.
La coalition regrette également que le document ne précise pas le rôle, le statut et le niveau d’implication des personnes présentées comme membres de la « Force du Progrès », alors que leur participation aux violences est évoquée à plusieurs reprises.
En parallèle, les avocats des victimes ont saisi l’Auditorat général près la Haute Cour militaire afin que soient établies les responsabilités pénales des auteurs, coauteurs et complices présumés des violations commises lors du sit-in.
La Coalition Article 64 demande enfin la mise en place d’une enquête internationale indépendante, impartiale et crédible afin d’établir l’ensemble des faits, de déterminer le sort des personnes disparues, d’identifier les responsables, d’assurer une réparation intégrale aux victimes et de garantir la non-répétition de tels événements. Elle affirme rester mobilisée aux côtés des victimes jusqu’à ce que toute la vérité soit établie et que justice soit rendue.
Keno M.
