La Fondation Friedrich Ebert Stiftung (FES), en partenariat avec la Dynamique des politologues de la RDC (ADIPOL), a organisé, jeudi 30 juillet 2026 à Kinshasa, un café politique autour du thème : « Investir dans l’avenir : exigences et réalités de l’éducation en RDC ».
La rencontre a réuni décideurs politiques, universitaires, chercheurs, partenaires sociaux, étudiants et acteurs de la société civile afin d’échanger sur les défis du système éducatif congolais et les réformes à engager.
À l’ouverture des travaux, Ruth Zinga, s’exprimant au nom du représentant résident de la FES, a rappelé que cette fondation allemande, présente en RDC depuis 2020, œuvre pour la promotion de la justice sociale, de la démocratie et de l’engagement citoyen. Elle a souligné que les cafés politiques offrent un espace de dialogue où la confrontation des idées contribue à la construction d’une nation.

L’éducation, un investissement et non une dépense
Au terme des échanges, Ruth Zinga a insisté sur la principale conclusion de la rencontre qui était l’éducation qui constitue un investissement stratégique et non une simple dépense publique. Elle s’est dite convaincue que les recommandations formulées au cours des débats pourront orienter les autorités dans l’élaboration de politiques éducatives plus efficaces.
Le coordonnateur de la Dynamique des politologues de la RDC, Christian Moleka, s’est félicité de la forte mobilisation du public et de la qualité des interventions. Selon lui, les débats ont permis de mieux comprendre les défis de gouvernance qui touchent aussi bien l’enseignement de base que la réforme du système Licence-Master-Doctorat (LMD).
Il a plaidé pour un accroissement des investissements dans l’éducation, notamment en faveur des infrastructures, des équipements, du fonctionnement des écoles et du décaissement régulier des fonds destinés à la gratuité de l’enseignement. Pour l’enseignement supérieur, il a appelé à renforcer le financement de la recherche scientifique et à rapprocher davantage les universités du secteur privé afin d’adapter les formations aux besoins du marché de l’emploi.
Des universités viables et des formations adaptées au marché
Parmi les principaux panélistes, le professeur Emmanuel Kanyinda a estimé que la priorité est de rendre les universités congolaises véritablement viables. Car, elles ne pourront remplir leurs trois missions – former, produire la recherche scientifique et répondre aux besoins de la société – qu’à condition de bénéficier d’un financement suffisant.
Il a exhorté l’État à investir davantage dans la recherche scientifique et à améliorer les conditions de travail des assistants, chefs de travaux et professeurs afin de stimuler la production scientifique au service du développement national.
De son côté, Jacques Tshimbalanga, coordonnateur national de CONECT RDC, a insisté sur la nécessité de revoir les programmes scolaires pour les adapter aux attentes du marché de l’emploi. Il a recommandé d’associer davantage les employeurs à l’élaboration des curricula afin que les compétences acquises par les étudiants correspondent aux besoins réels des entreprises.
Tout en soutenant la poursuite de la gratuité de l’enseignement, il a plaidé pour des investissements plus importants dans la qualité des apprentissages, les infrastructures et la logistique scolaire.
Faire de l’éducation un levier de développement
Les participants ont convenu que les réformes engagées dans le secteur de l’éducation doivent désormais être accompagnées de ressources financières conséquentes afin de garantir leur efficacité. Ils ont également souligné que l’amélioration de la qualité de l’enseignement, le financement de la recherche et le renforcement des liens entre les établissements de formation et le monde du travail constituent des conditions essentielles pour faire de l’éducation un véritable moteur de développement économique et social en République démocratique du Congo.
Zacharie Mikounga
