Après plusieurs années de difficultés d’accès aux soins, les populations de Misau et des villages environnants disposent désormais d’un centre de santé de référence. Cette nouvelle structure sanitaire a été inaugurée le 4 juillet dans la zone de santé de Kibua, dans le territoire de Walikale (Nord-Kivu), en présence des autorités sanitaires, des leaders communautaires et de la population.
L’ouverture de cette formation sanitaire répond à une revendication de longue date des habitants de cette partie enclavée du territoire. Avant sa construction, les patients nécessitant des soins spécialisés devaient être évacués vers l’hôpital général de référence de Kibua, situé à plus de six heures de marche.
En l’absence d’une route praticable, les malades étaient souvent transportés sur des brancards traditionnels, au terme d’un trajet pouvant durer une demi-journée. Cette situation entraînait régulièrement des décès en cours de route ainsi que de graves complications chez les femmes enceintes, dont certaines perdaient leur bébé avant d’atteindre l’hôpital.
Le nouveau centre de santé de référence de Misau a été construit grâce à la mobilisation de la communauté locale, illustrant l’engagement des habitants à améliorer leurs conditions d’accès aux soins.
L’établissement dispose d’une capacité de 25 lits et offre plusieurs services, notamment la maternité, la chirurgie, la médecine interne, la pédiatrie et la gynécologie.
Selon le Dr Isaac Bihango, représentant du médecin-chef de la zone de santé de Kibua, cette infrastructure bénéficiera à environ 30 000 habitants.
« Ce centre de santé de référence vient réduire considérablement les difficultés d’accès aux soins. Il servira les populations des aires de santé de Misau, Robe, Nkumba, une partie sud et sud-ouest de la zone de santé de Pinga ainsi que la partie sud de la zone de santé voisine de Masisi. Notre souhait est que cette structure fonctionne pleinement afin d’améliorer la prise en charge des patients et de réduire les décès évitables », a-t-il déclaré.
Pour les habitants, cette inauguration marque un tournant important. Chantal Kahindo, habitante de Misau, évoque les difficultés auxquelles la population était confrontée.
« Nous avons beaucoup souffert. Lorsqu’une femme enceinte faisait une complication, il fallait la transporter pendant plusieurs heures jusqu’à Kibua. Certaines perdaient leur bébé avant d’arriver, d’autres mouraient en cours de route. Aujourd’hui, nous remercions tous ceux qui ont rendu possible la construction de cet hôpital », a-t-elle témoigné.
De son côté, Jonas Mutia, agriculteur de Robe, estime que cette nouvelle infrastructure permettra de sauver de nombreuses vies.
« Avant, lorsqu’un malade devait être opéré ou recevoir des soins urgents, nous n’avions presque aucune chance. Nous étions obligés de le porter sur un typoy à travers une route très difficile. Ce centre est une réponse à nos souffrances, mais il faut maintenant réhabiliter la route pour faciliter l’arrivée des malades et des médicaments », a-t-il déclaré.
Malgré cette avancée, plusieurs défis persistent, notamment l’état de la route reliant Misau aux autres localités. Bien qu’un tracé ait été ouvert avec l’appui de l’organisation Medair, cette voie n’a jamais bénéficié d’un entretien régulier et se trouve aujourd’hui fortement dégradée.
Les autorités sanitaires et les communautés locales plaident ainsi pour la réhabilitation de cet axe routier, qu’elles jugent indispensable pour assurer l’approvisionnement du centre en médicaments, faciliter les évacuations sanitaires et garantir l’accès de la population aux soins.
L’inauguration du centre de santé de référence de Misau constitue une étape importante dans le renforcement de l’offre de soins dans cette partie du territoire de Walikale. Les habitants espèrent désormais que les investissements se poursuivront, notamment dans les infrastructures routières, afin de permettre à cette nouvelle structure de remplir pleinement sa mission.
La Gazette du Continent
