Une correspondance du parquet général près la Cour de cassation, instruisant la Direction générale de migration (DGM) de veiller à l’interdiction de sortie du territoire national de l’ancien inspecteur général des finances, Jules Alingete, ainsi que de plusieurs autres personnes, circule largement sur les réseaux sociaux depuis le début du week-end.
Face aux nombreuses réactions suscitées par ce document, le procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde, a publié un communiqué daté du 4 juillet 2026 afin d’apporter des éclaircissements.
Selon le chef du parquet général, la mesure conservatoire d’interdiction de sortie du territoire a été levée depuis plusieurs mois, à la suite de l’évolution des investigations menées dans ce dossier.
Firmin Mvonde précise qu’à ce stade, aucun élément ne permet d’établir la culpabilité des personnes concernées.
« À ce jour, il est hasardeux de soutenir, au regard des éléments en présence, la culpabilité des incriminés, la preuve de leur implication n’ayant pas été apportée. Monsieur le procureur général tient par ailleurs à préciser que certains de ces faits portés à sa connaissance avaient, par le passé, fait l’objet d’instructions judiciaires, voire de décisions de justice ayant abouti à des non-lieux », indique le communiqué.
Le procureur général met également en garde contre les interprétations qu’il juge hâtives de cette affaire.
« Toute conclusion résultant d’interprétations ne découlant pas des faits en présence ne peut engager que son auteur », souligne-t-il.
Outre Jules Alingete, les personnes concernées par la correspondance sont Mustafa Rawji, Mazhar Rawji, Uzair Rawji, Zain Rawji, Kiala Ndombele, Nanu Mukawa, également connu sous le nom de Nanu Alingete, ainsi que Jok Oga Ukelo.
Selon la correspondance adressée à la Direction générale de migration, ces personnes faisaient l’objet d’investigations pour des faits présumés de corruption, de faux en écriture et de blanchiment de capitaux, infractions prévues par le Code pénal congolais ainsi que par la législation relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive.
Dans son communiqué, Firmin Mvonde indique que ces investigations ont été ouvertes à la suite d’une injonction du ministre de la Justice et garde des Sceaux, formulée dans une lettre datée du 18 juin 2026.
Il précise que l’interdiction de sortie du territoire constituait uniquement une mesure conservatoire destinée à garantir la disponibilité des personnes concernées durant la phase préliminaire de l’enquête.
« Au regard de la lutte menée par notre pays contre les faits de corruption et de blanchiment de capitaux, il était impérieux d’agir rapidement afin de recueillir les données nécessaires à l’enquête. La mesure d’interdiction de sortie du territoire, loin de constituer une sanction ou de présumer une quelconque culpabilité, était une mesure conservatoire destinée à garantir la disponibilité des personnes concernées devant l’officier du ministère public », explique le procureur général.
La diffusion de cette correspondance sur les réseaux sociaux a suscité de nombreuses réactions. Selon le communiqué, plusieurs internautes ont considéré à tort que les faits reprochés étaient déjà établis et ont publiquement condamné les personnes visées, alors que les investigations n’ont, à ce stade, produit aucun élément de preuve concluant.
Tenplar Ngwadi
