Patient Sayiba Tambwe, ancien directeur général de l’Office de gestion du fret multimodal (OGEFREM) et expert en transport et facilitation du commerce, a exprimé ses inquiétudes face à la dégradation de la situation sécuritaire et sanitaire en Ituri, estimant que les réponses apportées par les autorités restent insuffisantes.
Dans une publication diffusée sur son compte X, l’ancien dirigeant de l’OGEFREM affirme que « la situation sécuritaire en Ituri demeure extrêmement volatile », évoquant une intensification des violences et la poursuite des massacres de civils.
Selon lui, les populations des territoires de Djugu, d’Irumu, de Mambasa et d’Aru vivent dans une insécurité permanente, confrontées aux attaques de groupes armés ainsi qu’à d’importants déplacements de populations.
Patient Sayiba souligne également que cette crise est aggravée par la progression de l’épidémie d’Ebola dans des zones déjà fragilisées. Il estime que les structures sanitaires sont débordées et que les populations se retrouvent confrontées à une situation humanitaire de plus en plus difficile.
Dans sa publication, il critique la gestion des deux crises par les autorités congolaises. Il estime que les opérations sécuritaires demeurent « fragmentées » et « tardives », sans parvenir à stabiliser durablement les zones affectées.
Sur le plan sanitaire, il considère que la riposte contre Ebola souffre d’un manque de coordination, d’une lenteur dans la prise en charge des malades et d’une absence de stratégie claire pour contenir l’épidémie dans les zones les plus exposées.
Patient Sayiba affirme par ailleurs que les autorités accordent davantage de priorité aux enjeux politiques qu’à la recherche de solutions aux crises sécuritaires et sanitaires.
« Au lieu de construire un front national pour répondre aux crises sécuritaires et sanitaires, Kinshasa privilégie une stratégie de diviser pour régner, fragmentant les acteurs politiques et sociaux afin de neutraliser toute opposition structurée », écrit-il.
Selon lui, cette situation contribue à renforcer « une dérive autoritaire et une défaillance de gouvernance » dans la gestion des défis auxquels le pays est confronté.
Tenplar Ngwadi
