Le gouverneur militaire de la Province du Nord-Kivu située dans l’Est de la République démocratique du Congo, le général-major Évariste Somo Kakule, est désormais chargé de reprendre la conduite de l’ensemble des opérations militaires sur toute l’étendue de la province.
Cette décision émane du Commandant suprême des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), selon un document officiel du ministère de la Défense nationale et Anciens combattants daté du 5 juin 2026.
Adressé au Chef d’état-major général des FARDC, le message signé par le Vice-Premier ministre en charge de la Défense, Guy Kabombo Muadiamvita, précise que cette mesure est prise conformément à l’ordonnance du 3 mai 2021 portant application de l’état de siège dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.
« Le gouverneur militaire du Nord-Kivu doit reprendre la conduite de toutes les opérations militaires sur l’ensemble de la province », indique notamment le document, qui demande aux responsables militaires de prendre toutes les dispositions nécessaires pour l’exécution de cette instruction.
Cette décision intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement tendu dans l’est de la RDC, marqué par la persistance des affrontements entre les FARDC et les groupes armés, notamment la rébellion du M23 soutenue par le Rwanda selon les autorités congolaises.
Le général-major Évariste Somo Kakule dirige la province du Nord-Kivu depuis sa nomination par ordonnance présidentielle en remplacement du lieutenant-général Peter Cirimwami, décédé après avoir été blessé sur le front. En raison de l’occupation de Goma par les rebelles de l’Alliance Fleuve Congo-M23, il a établi provisoirement son quartier général à Beni, où fonctionnent actuellement plusieurs institutions provinciales.
Instauré depuis mai 2021, l’état de siège demeure en vigueur au Nord-Kivu et en Ituri. Cette mesure exceptionnelle confère aux autorités militaires et policières la gestion des affaires administratives et sécuritaires des deux provinces. Malgré les critiques de certains acteurs politiques et organisations de la société civile sur son efficacité, le gouvernement congolais continue de considérer l’état de siège comme un outil nécessaire pour faire face à la menace des groupes armés.
La reprise directe de la conduite des opérations militaires par le gouverneur du Nord-Kivu pourrait ainsi marquer une nouvelle phase dans la coordination des actions sécuritaires menées contre les groupes armés actifs dans la province.
Magloire Mutulwa
