À l’occasion de son premier grand meeting de campagne organisé dimanche à Saint-Denis, Jean-Luc Mélenchon a lancé plusieurs attaques contre le Rassemblement national, accusant la formation dirigée par Jordan Bardella de promouvoir une vision politique fondée sur la division des populations selon leurs origines et leurs croyances.
Devant plusieurs milliers de personnes réunies face à la basilique de Saint-Denis, le candidat de La France insoumise a dénoncé ce qu’il a qualifié de « suprémacisme », un concept qu’il associe à certaines évolutions politiques observées à l’international.
Selon lui, ce projet politique émergerait dans le contexte des conflits au Moyen-Orient et de l’influence du trumpisme. Jean-Luc Mélenchon a estimé qu’il repose sur une volonté de hiérarchiser les êtres humains afin de dominer les peuples en les divisant selon des critères ethniques et religieux.
« En France, le suprémacisme est porté par le RN », a-t-il affirmé devant ses partisans.
La « Nouvelle France » au cœur du discours
Le leader insoumis est également revenu sur son concept de « Nouvelle France », qu’il oppose aux discours identitaires de ses adversaires politiques.
Il a regretté les critiques suscitées par cette vision, estimant que certains de ses opposants interprètent ce projet à travers une lecture communautaire et raciale de la société française.
Dans son intervention, Jean-Luc Mélenchon a particulièrement ciblé Jordan Bardella, l’accusant de vouloir remettre en cause le droit du sol.
« Ainsi M. Bardella, bon trumpiste, veut même supprimer le droit du sol de naissance », a-t-il déclaré, qualifiant une telle mesure de « crime anti-national ».
Le candidat à l’élection présidentielle a réaffirmé son attachement au principe selon lequel toute personne née en France doit être reconnue comme française.
Un plaidoyer pour l’héritage de l’immigration
Au cours de son discours, Jean-Luc Mélenchon a également mis en avant la contribution des populations issues de l’immigration à l’histoire et au développement du pays.
Faisant référence à Bally Bagayoko, qui s’était exprimé avant lui, il a rappelé qu’une part importante de la population française est héritière de l’immigration.
Le dirigeant de La France insoumise a salué le rôle joué par les générations précédentes dans la construction de la France contemporaine, rejetant toute remise en cause de cet héritage.
« Nous ne renierons pas les sacrifices et l’amour de nos grands-parents qui nous permettent d’être ici dans ce pays qu’ils ont tant contribué à bâtir », a-t-il déclaré.
« Nous croyons à l’intelligence de la France »
Dans la dernière partie de son intervention, Jean-Luc Mélenchon a lancé à plusieurs reprises le slogan « On est chez nous ! », repris par la foule présente au meeting.
Le candidat a conclu son discours en affirmant sa confiance dans la société française, estimant que le pays demeure attaché aux valeurs de coexistence et de diversité.
« Nous croyons à l’intelligence de la France, nous croyons que notre pays n’est pas raciste, notre pays n’est pas fasciste », a-t-il déclaré, réaffirmant sa vision d’une France rassemblée autour d’un projet politique qu’il présente comme inclusif et républicain.
Tenplar Ngwadi
