Le président de la République démocratique du Congo est apparu visitant l’hôpital Mama-Yemo (rebaptisé hôpital général du Congo-Kabila), en compagnie du ministre des affaires étrangères, Bizima Karaha et du Dr Jean-Baptiste Sondji.
Vêtu de son éternelle tenue saharienne,le président Kabila annonce que des élections seraient organisées après une période de deux ans. L’Union démocratique pour le progrès social (UDPS) d’Etienne Tshisekedi adopte une position radicale vis-à-vis des nouvelles autorités. Les militants de l’UDPS annoncent des journées « ville-morte » et des manifestations de grande ampleur, réclament le départ des Rwandais, qu’ils jugent omniprésents dans les structures de l’Alliance.
Coups de feu en l’air
Des manifestations spontanées firent dispersées mais, un millier de jeunes se présentant comme des étudiants ont de nouveau manifester. Partis des campus, de Matonge et de Victoire (des quartiers populaires), ils ont emprunté l’avenue du 24-Novembre, scandant « Le Congo aux Congolais », « Libérons Kabila des Rwandais » et chantant « Kabila, assassin du Congo ! Il a vendu notre pays aux Rwandais ! ».

Ils se dirigeaient vers le centre-ville lorsqu’ils ont été dispersés de nouveau par des coups de feu tirés en l’air devant Notre-Dame.
Deux cents d’entre eux ont malgré tout réussi à gagner le carrefour Mandela. Des soldats de l’Alliance leur ont alors barré la route. Mains sur la tête, ils ont été tenus en joue avant d’être arrêtés et conduits dans des camions vers le camp militaire Colonel-Kokolo. Les soldats ont arraché les films et les cassettes des photographes et des équipes de télévision.
Un peu plus tôt, non loin de là, quelques dizaines de personnes ont manifesté en faveur de Laurent-Désiré Kabila, « le libérateur du Congo ». Derrière Lambert Mende, autrefois proche d’Etienne Tshisekedi, président du Comité de défense civile et d’accueil de l’Alliance, une organisation opportunément créée avant la prise de Kinshasa, ils ont marché, accompagnés d’une fanfare et des nombreux enfants qui traînent habituellement dans les rues. Ils n’ont pas été inquiétés par les militaires.
Jean-Claude Mombong Mass
