L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) intensifie son soutien au gouvernement de la République Démocratique du Congo afin de freiner la propagation de l’épidémie de maladie à virus Ebola déclarée le 15 mai 2026 dans la province de l’Ituri, au nord-est du pays.
Dans les 72 heures ayant suivi l’annonce officielle de l’épidémie, l’OMS a acheminé 11,5 tonnes de fournitures médicales et d’équipements essentiels depuis Kinshasa ainsi que depuis ses centres régionaux d’urgence de Dakar et Nairobi.
Plus de 35 experts déjà déployés sur le terrain
Pour renforcer les opérations de riposte, plus de 35 experts et intervenants de première ligne de l’OMS et du ministère de la Santé ont été envoyés dans les zones touchées. D’autres équipes sont en cours de déploiement afin d’intensifier les actions de surveillance, de prise en charge des malades, de prévention des infections et de sensibilisation communautaire. Les autorités sanitaires misent notamment sur la détection précoce des cas, le traçage des contacts et l’adhésion des populations aux mesures de santé publique pour limiter la transmission du virus.
La MONUSCO et les partenaires mobilisés pour la logistique
La réponse bénéficie également d’un important appui logistique des partenaires internationaux et du secteur privé. La Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) a assuré un soutien aérien déterminant pour transporter les fournitures depuis Nairobi vers les zones affectées et faciliter leur acheminement terrestre.
« La collaboration avec la MONUSCO a été déterminante pour assurer une réponse rapide. Leur capacité à fournir un appui aérien renforce considérablement nos capacités logistiques », a déclaré Adama Thiam, chef des opérations d’urgence régionales et de la logistique à l’OMS Afrique. De son côté, Ethiopian Airlines a accepté de réorganiser certains vols afin de permettre le transport urgent du matériel médical vers l’Ituri.
Des équipements essentiels pour protéger les soignants et les populations
Les cargaisons acheminées comprennent notamment des équipements de protection individuelle, des kits médicaux, des tentes ainsi que du matériel destiné à l’eau, l’assainissement et l’hygiène. Selon l’OMS, d’autres fournitures sont déjà en transit depuis Kinshasa afin de renforcer davantage les capacités de réponse dans les prochains jours, protéger les agents de santé et sauver des vies.
Une épidémie dans un contexte sécuritaire et humanitaire fragile
Cette nouvelle flambée d’Ebola survient dans un environnement particulièrement complexe marqué par l’insécurité persistante, les déplacements massifs des populations, les échanges transfrontaliers, les activités minières ainsi qu’une forte présence de réfugiés dans la région. Face à ces défis, le Directeur général de l’OMS a classé cette épidémie causée par le virus Ebola Bundibugyo comme une urgence de santé publique de portée internationale nécessitant une coordination mondiale renforcée.
Aucun vaccin homologué contre le virus Bundibugyo
Contrairement aux précédentes formes du virus Ebola, il n’existe actuellement ni vaccin homologué ni traitement spécifique contre la souche Bundibugyo. Les efforts de riposte reposent donc principalement sur les mesures classiques de santé publique : soins de soutien, isolement des cas, prévention et contrôle des infections, enterrements dignes et sécurisés, surveillance épidémiologique et mobilisation communautaire. Des recherches sont toutefois en cours pour développer des contre-mesures médicales adaptées à cette souche du virus.
Depuis l’identification du virus Ebola en 1976 sur le territoire congolais, la RDC a déjà connu 17 épidémies. La précédente flambée avait été officiellement déclarée terminée en décembre 2025.
La Gazette du Continent
