Le jeune cycliste congolais Miguel Mumbere Masaisai, originaire de Goma, dans la province du Nord-Kivu, est décédé vendredi 18 septembre 2026 dans un accident de la circulation à Kabos, près de Ouesso, dans le nord du Congo-Brazzaville, non loin de la frontière avec le Cameroun.
Âgé de 23 ans, il traversait l’Afrique à vélo dans le cadre de son initiative « Pedals for Peace », avec pour objectif de relier Goma à Rabat, au Maroc, afin de porter un message de paix, d’unité et de résilience.
La disparition du jeune sportif a suscité une vive émotion parmi les Congolais qui suivaient son périple et admiraient son courage. Parti de Goma, une ville marquée par des années de conflits armés, Miguel Masaisai avait choisi le vélo comme moyen de porter, au-delà des frontières de la République démocratique du Congo, un message de paix auquel il était profondément attaché. Son décès a été confirmé par des sources officielles du gouvernement de Kinshasa.
Un accident à Kabos
Selon des sources locales au Congo-Brazzaville, l’accident s’est produit à Kabos, à environ neuf kilomètres de Ntam, près de la frontière avec le Cameroun.
D’après les informations recueillies sur place, Miguel Masaisai aurait été confronté à une panne de son vélo et aurait sollicité l’aide d’un conducteur de taxi afin de rejoindre un endroit où son engin pourrait être réparé et où il pourrait reprendre son parcours.
Le véhicule, qui transportait également deux autres passagers, a été impliqué dans un accident. Les quatre occupants, parmi lesquels Miguel Masaisai et le chauffeur, ont péri, selon les mêmes sources.
Les circonstances exactes de l’accident restent à établir. Le corps du jeune cycliste est conservé à la morgue de Ouesso.
De Goma à Kinshasa, 67 jours de route pour porter la paix
Miguel Mumbere Masaisai avait officiellement lancé son défi le 1er mai 2026 à Goma. Son ambition était de parcourir près de 14 000 kilomètres à vélo à travers plusieurs pays africains, jusqu’à Rabat, au Maroc.
Baptisée « Pedals for Peace », cette initiative avait pour objectif de promouvoir la paix, l’unité nationale et la résilience à travers le sport.
Le 5 août 2026, après 67 jours de route et plus de 6 500 kilomètres parcourus, il était arrivé à Kinshasa, achevant ainsi la traversée de la République démocratique du Congo d’est en ouest. Son itinéraire l’avait notamment conduit à travers les Kasaï et le Bandundu.
Cette arrivée dans la capitale congolaise constituait une étape importante de son aventure, mais pas son terme. Miguel Masaisai entendait poursuivre son périple au-delà des frontières nationales pour atteindre le Maroc et porter son message de paix à travers le continent.
Au cours de cette première partie du voyage, le jeune cycliste avait dû affronter de nombreuses difficultés, notamment des montagnes, de fortes chaleurs, des pluies, des pannes mécaniques ainsi que des moments de doute. Malgré ces obstacles, il avait poursuivi sa route, soutenu par son engagement et les encouragements de nombreuses personnes qui suivaient son initiative.
À Kinshasa, il avait également appelé la population à l’accueillir. Un premier point de rassemblement était prévu au rond-point Maluku, avant une arrivée annoncée au Palais du Peuple. Il souhaitait faire de cette étape un symbole de l’engagement de la jeunesse congolaise en faveur de la paix et de l’unité nationale.
Le Congo-Brazzaville, dernière étape de son périple
Après son passage à Kinshasa, Miguel Masaisai avait quitté la capitale congolaise le 6 septembre pour poursuivre son aventure au Congo-Brazzaville.
Son parcours l’avait notamment conduit à Brazzaville, Gamboma et Oyo. Le 14 septembre, il se trouvait encore à Oyo, où il venait d’achever sa 71e étape après avoir parcouru 98 kilomètres entre Gamboma et Oyo.
Il poursuivait alors sa route vers le nord du pays, avec l’objectif de continuer son périple en direction du Maroc.
À l’issue de cette traversée, son exploit devait être honoré au plus haut niveau de la République démocratique du Congo et soumis au Guinness World Records. Pour documenter son parcours, le jeune cycliste utilisait un système de géolocalisation permettant de retracer son itinéraire et de comptabiliser les kilomètres parcourus.
Mais son voyage s’est brutalement arrêté dans le nord du Congo-Brazzaville, loin de Goma et de la destination qu’il espérait atteindre.
Un sportif polyvalent connu à Goma
Né le 16 août 2003 à Goma, Miguel Mumbere Masaisai était connu dans sa ville natale pour ses performances à vélo, mais également pour sa pratique de la natation.
Il pratiquait le triathlon et avait participé à plusieurs compétitions. En 2024, il avait notamment réalisé une traversée à la nage entre l’hôtel Cap Kivu et Kituku, à Goma.
Quelques mois avant de lancer son défi vers Rabat, il avait également relié Goma à Cape Town, en Afrique du Sud, dans le cadre d’une initiative poursuivant le même objectif de promotion de la paix.
À travers ses différentes aventures sportives, le jeune Congolais avait fait de son engagement citoyen le fil conducteur de ses exploits. Son vélo était devenu le moyen de porter son message au-delà des frontières, dans une Afrique où les conflits continuent d’affecter de nombreuses communautés.
« Pedals for Peace », un message désormais porté au-delà de son dernier voyage
Pour de nombreux Congolais, Miguel Masaisai restera associé à une démarche de courage et d’engagement en faveur de la paix. Originaire de Goma, une ville longtemps meurtrie par les conflits armés, il avait choisi de transformer sa passion pour le sport en une initiative porteuse d’espoir.
À 23 ans, il disparaît alors qu’il poursuivait un projet qui dépassait sa seule personne : traverser l’Afrique pour porter un message de paix, d’unité et de résilience au nom d’une jeunesse de l’Est de la RDC aspirant à vivre loin des violences.
Son voyage vers Rabat n’aura jamais atteint son terme. Mais l’initiative « Pedals for Peace » aura permis de faire entendre, bien au-delà de Goma, le message qu’il portait depuis son départ.
Miguel Masaisai pédalait pour la paix. Il était parti de Goma avec la volonté de porter ce message à travers l’Afrique. Son parcours s’est arrêté au nord du Congo-Brazzaville, mais le message qu’il défendait demeure au cœur de son aventure.
Tenplar Ngwadi

