C’est dans le cadre solennel de Beijing que Louis Watum Kabamba, ministre des Mines de la RDC, et son homologue chinois des Ressources naturelles, Guan Zhi’ou, ont scellé ce jeudi un nouveau pacte stratégique.
Ce Mémorandum d’Accord (MoU) n’est pas un simple document technique : il concrétise les orientations définies en 2023 par les présidents Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo et Xi Jinping pour un partenariat qualifié de « équilibré et pragmatique ».

Le nouvel accord repose sur des piliers clairs : une concertation permanente, le respect strict du cadre légal congolais et la protection des investissements. Mais l’innovation majeure réside dans la volonté affichée de rompre avec l’exportation brute de minerais pour privilégier la transformation locale des ressources naturelles.
Pour soutenir cette ambition, un levier commercial de taille a été annoncé : dès le 1er mai 2026, les exportations de la RDC vers la Chine bénéficieront d’un accès en franchise de droits de douane. Une mesure destinée à doper la compétitivité du secteur minier congolais et à stimuler la croissance économique nationale.

L’accord prévoit la mise en place d’un mécanisme de dialogue et de suivi pour garantir la conformité des projets dans un environnement stable et transparent. Parmi les dossiers prioritaires figure le projet structurant des Mines de Fer de la Grande Orientale (MIFOR).
Ce chantier, ainsi que d’autres initiatives de valorisation industrielle, bénéficiera d’un accompagnement spécifique. L’objectif est de mobiliser les entreprises de la Chambre de commerce chinoise pour le déploiement progressif d’unités industrielles de valorisation à grande échelle sur le territoire congolais.

Cette dynamique se prolongera en septembre prochain lors du Forum international des Ministres des Mines. Louis Watum Kabamba y est attendu pour une intervention conjointe avec son homologue chinois, sous la coordination du gouvernement dirigé par la Première ministre Judith Suminwa.
À travers ce rapprochement avec Pékin, la RDC réaffirme sa stratégie de souveraineté économique. En intégrant ses ressources aux dynamiques mondiales tout en exigeant leur transformation locale, Kinshasa entend bâtir un secteur minier moderne et responsable, véritable moteur de l’industrialisation du pays.
Tenplar Ngwadi
