Par une ordonnance présidentielle lue ce samedi 14 mars 2026, sur les antennes de la Radio-Télévision Nationale Congolaise (RTNC), la République démocratique du Congo s’est dotée d’un Tribunal pénal économique et financier. Cette juridiction spécialisée aura pour mission de réprimer les infractions graves portant atteinte aux finances publiques.
C’est Roger Kalenga, porte-parole adjoint du président de la République, qui a dévoilé les contours de cette réforme. Créée conformément à l’article 149, alinéa 6 de la Constitution, cette juridiction s’insère au sein de l’ordre des juridictions judiciaires. Sa compétence est clairement définie : elle se spécialisera dans la « répression des infractions graves en matière économique et financière ».
Pour garantir l’efficacité de son action, le texte présidentiel précise que ce tribunal jouira d’une « autonomie fonctionnelle ». Il ne dépendra pas des structures classiques pour son fonctionnement quotidien, disposera de son propre règlement intérieur et, surtout, d’un budget spécifique émergeant directement du budget national.
Basé à Kinshasa, siège des institutions nationales, le Tribunal pénal économique et financier couvrira l’intégralité de la chaîne de procédure pour les dossiers relevant de sa compétence. « Les infractions sont recherchées, instruites, suivies et jugées » par cette seule et même juridiction, a souligné le porte-parole adjoint.
En centralisant ainsi la poursuite et le jugement des crimes financiers complexes, les autorités congolaises affichent leur volonté de muscler la réponse judiciaire face aux atteintes aux ressources de l’État. Une mesure qui place désormais la probité financière sous une surveillance accrue.
Tenplar Ngwadi
