La finale de la 35ᵉ édition de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) Maroc 2025, disputée le dimanche 18 janvier à Rabat, restera comme l’un des matches les plus commentés de l’histoire récente de la compétition.
Si le Sénégal a été sacré champion d’Afrique après sa victoire 1-0 face au Maroc au terme des prolongations, l’arbitrage de cette rencontre a également suscité de vives réactions sur le continent et au-delà.
Au centre des débats, le trio arbitral congolais composé de Jean-Jacques Ndala, arbitre central, assisté de Guylain Ngila et Gradel Mbilizi. Certaines décisions majeures, notamment un but refusé au Sénégal et un penalty accordé au Maroc dans les dernières secondes du temps additionnel après recours à la VAR, ont provoqué incompréhensions, contestations et une interruption momentanée du match, les joueurs sénégalais ayant brièvement quitté la pelouse.
Face à cette situation marquée par une forte pression médiatique et populaire, la Fédération Congolaise de Football Association (FECOFA), à travers son Comité de Normalisation, a choisi d’exprimer publiquement son soutien aux arbitres congolais. Dans un message officiel signé par sa présidente, Belinda Luntadila Nzuzi, la FECOFA a salué « la ténacité, le professionnalisme et la droiture exemplaire » du trio arbitral tout au long de la compétition.
« Vous avez brillamment officié lors de rencontres de très haut niveau, marquées par une forte intensité et une pression considérable. Votre gestion rigoureuse des matches, votre sang-froid, votre maîtrise technique et votre sens élevé de l’éthique arbitrale ont été unanimement salués », souligne le message, estimant que les arbitres ont honoré l’arbitrage congolais et représenté dignement la République démocratique du Congo.
Sur les réseaux sociaux, notamment sur la plateforme X, les réactions ont été nombreuses et parfois virulentes. Des critiques, des sarcasmes et des montages moqueurs ont largement circulé, traduisant un malaise plus large autour de l’arbitrage africain lors des grandes compétitions. Pour plusieurs observateurs, cette finale a ravivé un débat récurrent sur l’utilisation de la VAR et la cohérence des décisions arbitrales dans les moments décisifs.
Néanmoins, la désignation de Jean-Jacques Ndala pour diriger cette finale par la Confédération africaine de football (CAF) témoigne de la confiance placée en son expérience. Arbitre FIFA depuis 2013, il participait à sa quatrième CAN après les éditions 2019, 2021 et 2023. Il avait également officié le match d’ouverture du tournoi, un parcours symbolique allant du premier au dernier acte de la compétition.
Pour la FECOFA, au-delà des polémiques, l’essentiel demeure la reconnaissance du parcours et de la compétence des officiels congolais sur la scène continentale. La fédération les exhorte à « poursuivre sur la voie de l’excellence » et à continuer de représenter valablement le pays lors des compétitions internationales futures.
Dans un contexte où chaque décision arbitrale est scrutée et amplifiée par les réseaux sociaux, la finale de la CAN 2025 rappelle la complexité et la pression extrême qui entourent l’arbitrage au plus haut niveau. Entre reconnaissance institutionnelle et critiques populaires, le trio arbitral congolais se retrouve ainsi au cœur d’un débat qui dépasse largement ce seul match, interrogeant plus globalement l’avenir et la crédibilité de l’arbitrage africain.
Magloire MUTULWA
