16 janvier 2001 – 16 janvier 2026. Voilà exactement vingt-cinq ans que Laurent-Désiré Kabila, alors président de la République démocratique du Congo (RDC), a été assassiné dans son bureau, à Kinshasa. Un événement qui, à l’époque, avait plongé le pays, déjà déchiré par une guerre civile, dans une incertitude totale et marqué le début d’une transition complexe vers son fils, Joseph Kabila.
Un scénario sanglant et entouré de mystère
Le jour du drame, c’est l’un de ses gardes du corps, Rashidi Mizele Kasereka, qui ouvre le feu sur le chef de l’État. Dans la confusion qui s’ensuit, l’auteur des coups de feu est abattu dans sa fuite par l’aide de camp du président, Eddy Kapend. La gestion de l’information par les autorités d’alors ajoute au trouble : le décès est tenu secret pendant plusieurs jours, faisant l’objet d’annonces contradictoires, avant d’être officiellement confirmé le 18 janvier.
L’assassinat a mis fin à un règne de quatre ans, débuté en 1997 avec la chute du régime de Mobutu Sese Seko. Bien que Joseph Kabila ait rapidement pris le pouvoir pour succéder à son père en pleine crise, l’événement a marqué la fin d’une ère et ouvert une nouvelle phase de l’histoire congolaise.
Le destin singulier d’Eddy Kapend
Le volet judiciaire de cette affaire a été tout aussi mouvementé. En 2003, la Cour militaire a condamné une vingtaine de personnes à mort, dont Eddy Kapend, pour négligence dans la protection du président. Ces peines ont par la suite été commuées en prison à vie.
Après de longues années de détention, Eddy Kapend a finalement été gracié par l’actuel président, Félix-Antoine Tshisekedi. Aujourd’hui, l’ancien aide de camp a réintégré l’appareil sécuritaire de l’État en tant que commandant de la vingt-deuxième région militaire.
Un héritage en question
Vingt-cinq ans après, les motivations profondes et les instigateurs réels derrière cet acte restent sujets à débat, laissant subsister de nombreuses zones d’ombre. Que gardent aujourd’hui les Congolais du combat de Laurent-Désiré Kabila ? Cet anniversaire rappelle en tout cas les turbulences politiques et les enjeux permanents de souveraineté qui continuent de marquer la trajectoire de la République démocratique du Congo.
La Gazette du Continent
