Le président de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH-RDC), Paul Nsapu Mukulu, a ouvert, vendredi 18 septembre 2026 à Kinshasa, des consultations avec les organisations et les différentes composantes de la société civile congolaise.
Dans son discours d’ouverture, il a insisté sur la nécessité d’un dialogue permanent entre la CNDH et la société civile pour renforcer la promotion et la protection des droits humains en République Démocratique du Congo.
Pour Paul Nsapu, la société civile constitue un « partenaire incontournable » de l’action de la CNDH. Il a notamment salué son rôle dans la documentation des violations des droits humains, l’accompagnement des victimes, l’alerte des pouvoirs publics ainsi que les actions de sensibilisation et de plaidoyer.
La situation des droits humains dans l’Est au cœur des préoccupations
Le président de la CNDH a relevé les difficultés auxquelles sont confrontées les populations civiles dans plusieurs régions du pays, particulièrement dans l’Est de la RDC, où la situation affecte l’exercice de leurs droits fondamentaux.
Il a également évoqué les difficultés rencontrées par les défenseurs des droits de l’homme. Certains, a-t-il indiqué, ont été contraints de quitter temporairement leurs zones d’intervention pour rejoindre Kinshasa en raison de la situation de guerre.
Paul Nsapu estime que l’empêchement d’un défenseur des droits humains d’exercer sa mission affecte également la capacité de la société à documenter les violations, à alerter les autorités et à accompagner les victimes. Il a ainsi salué leur engagement dans des contextes qu’il a qualifiés d’extrêmement difficiles.
Une collaboration appelée à devenir permanente
Le président de la CNDH a plaidé pour une collaboration avec la société civile qui ne soit plus limitée à des rencontres occasionnelles. Il souhaite qu’elle soit permanente, structurée et fondée sur la confiance mutuelle.
Il a également appelé à maintenir le dialogue même en cas de divergences d’approches. Selon lui, les organisations de la société civile doivent pouvoir formuler leurs observations et critiques sur l’action, les méthodes de travail et les mécanismes d’intervention de la CNDH.
L’objectif est, a-t-il expliqué, d’identifier ensemble les mécanismes qui fonctionnent, ceux qui doivent être améliorés et ceux qui nécessitent d’être renforcés.
Des consultations devant déboucher sur des propositions concrètes
Les consultations organisées vendredi et samedi 19 septembre 2026 doivent permettre aux différentes composantes de la société civile de s’exprimer librement et de faire part de leurs expériences, préoccupations, attentes et propositions.
Paul Nsapu a précisé que la CNDH ne souhaite pas que ces rencontres constituent une simple formalité. Il veut qu’elles servent de point de départ à une relation plus étroite, régulière et efficace avec la société civile congolaise.
Une conférence plus large est également prévue le jeudi 24 septembre 2026 au Golden Tulip Hôtel, dans la cité Kin-Oasis, à Bandal. Elle doit permettre de poursuivre les échanges autour des enjeux de promotion et de protection des droits de l’homme en RDC.
La dignité humaine comme principe commun
Dans son appel à la responsabilité collective, le président de la CNDH a reconnu que les acteurs peuvent avoir des méthodes, des priorités et des appréciations différentes d’une même situation.
Il a toutefois souligné que la dignité et les droits de la personne humaine doivent rester au centre de l’action de tous les acteurs.
La CNDH entend notamment renforcer les mécanismes d’échange d’informations, améliorer la coordination des interventions, mieux exploiter les données et rapports disponibles, renforcer le plaidoyer et assurer un meilleur accompagnement des victimes et des personnes dont les droits sont menacés ou violés.
« Une étape » dans la construction d’un partenariat durable
Paul Nsapu Mukulu a enfin remercié les organisations de la société civile et les défenseurs des droits de l’homme ayant répondu à l’invitation de la CNDH, malgré l’envoi tardif des invitations.
Il a assuré que la Commission prendra en considération les contributions formulées au cours des consultations, avec l’objectif d’améliorer durablement ses relations avec la société civile congolaise.
Les consultations ont ainsi été officiellement ouvertes le 18 septembre 2026, sous le signe de l’écoute, du dialogue et du partenariat.
La Gazette du Continent
