L’opposant républicain et Rapporteur adjoint du Sénat, Jean-Claude Baende Etafe Eliko, président de l’Alliance des démocrates humanistes (ADH), a présenté sa lecture de la situation politique, économique et sociale de la République démocratique du Congo lors d’une conférence de presse tenue devant les médias et plusieurs invités.
Dans son intervention, il a estimé que le pays traverse une période complexe, marquée à la fois par d’importants défis sécuritaires et par des avancées qu’il juge nécessaire de reconnaître « avec honnêteté républicaine ».
Sur le plan diplomatique, Jean-Claude Baende a salué les efforts ayant permis de maintenir la question de l’agression contre la RDC au centre des préoccupations internationales. Il a également rendu hommage à la bravoure des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et des combattants Wazalendo dans la résistance aux groupes hostiles qu’il accuse d’être soutenus par le Rwanda et son président Paul Kagame.
L’élu a, par ailleurs, reconnu le mérite du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo pour avoir, selon lui, identifié publiquement le Rwanda et son chef de l’État comme instigateurs de l’agression contre la RDC. Il a également rendu hommage aux militaires, aux Wazalendo tombés sur le champ d’honneur ainsi qu’aux populations civiles victimes du conflit.

Évoquant la résurgence de la maladie à virus Ebola, Jean-Claude Baende a appelé les Congolais à davantage de vigilance et au strict respect des consignes des autorités sanitaires afin de prévenir la propagation de l’épidémie.
L’opposant a également mis en avant plusieurs réalisations qu’il considère comme des acquis importants, notamment le Programme de développement local des 145 territoires (PDL-145T), la gratuité de l’enseignement primaire et celle de la maternité. Selon lui, ces réformes ont contribué à améliorer l’accès à l’éducation ainsi qu’aux soins de santé pour les mères et les enfants.
Sur le plan économique, il a souligné la résilience de l’économie congolaise malgré les effets de la guerre et des crises internationales. Il a notamment cité la mobilisation accrue des recettes publiques, les investissements dans les infrastructures et l’accès de la RDC aux marchés internationaux des capitaux à travers les eurobonds.
Jean-Claude Baende a également salué la qualification des Léopards à la Coupe du monde de football, 52 ans après l’exploit de 1974, ainsi que le rayonnement international des artistes congolais, estimant que ces succès participent au retour progressif de la RDC sur la scène mondiale.
Toutefois, le président de l’ADH s’est dit préoccupé par la persistance de la pauvreté, la hausse du coût de la vie, le chômage des jeunes, la corruption, les détournements de deniers publics ainsi que l’insécurité urbaine marquée par le phénomène Kuluna. Il a aussi évoqué les difficultés de mobilité causées par les embouteillages chroniques dans plusieurs grandes villes du pays, notamment Kinshasa, Matadi et Lubumbashi, ainsi que les inégalités sociales persistantes.
Se définissant comme membre d’une « opposition responsable », Jean-Claude Baende a insisté sur son attachement aux valeurs démocratiques, à l’unité nationale et à la stabilité des institutions. Il a appelé l’ensemble de la classe politique congolaise à éviter les discours de division et les surenchères susceptibles d’affaiblir davantage le pays dans un contexte sécuritaire déjà fragile.
Dans cette perspective, il a réaffirmé son soutien aux FARDC, aux Wazalendo et à toutes les initiatives visant à restaurer durablement la paix, l’autorité de l’État et l’intégrité territoriale de la RDC.
Parmi ses recommandations, il a notamment plaidé pour le renforcement des capacités opérationnelles et logistiques des FARDC, la ratification des accords de coopération économique et sécuritaire conclus avec les États-Unis d’Amérique, l’accélération de l’exécution du PDL-145 territoires, la consolidation de la gratuité de l’enseignement et de la maternité, l’intensification de la lutte contre la corruption, la lutte contre le banditisme urbain, la promotion d’un climat politique apaisé et la primauté de l’intérêt supérieur de la nation sur les ambitions individuelles.
Abordant enfin le débat sur une éventuelle réforme constitutionnelle, Jean-Claude Baende a indiqué que son parti entend traiter cette question « avec responsabilité, sérénité et hauteur de vue ». Selon lui, la Constitution constitue le socle de l’organisation de l’État, du fonctionnement des institutions et de la légitimité de leurs animateurs.
« Toute Constitution est appelée à évoluer afin de s’adapter aux mutations politiques, économiques, sociales et culturelles de la société qu’elle régit », a-t-il déclaré.
Le président de l’ADH a rappelé que la Constitution du 18 février 2006 avait déjà fait l’objet d’une révision en 2011. À ses yeux, il n’existe donc « aucun mystère » à envisager une nouvelle modification, dès lors que celle-ci est examinée dans l’intérêt supérieur de la nation et non sous l’influence de considérations partisanes ou circonstancielles.
Tenplar Ngwadi
