Le Committee to Protect Journalists (CPJ) appelle les autorités de la République Démocratique du Congo à libérer le journaliste Stéphane Shisso, détenu depuis janvier 2026 après un reportage sur les dégâts causés par l’exploitation minière dans la ville de Kolwezi, province du Lualaba.
L’organisation de défense de la liberté de la presse demande également aux autorités congolaises de garantir la sécurité du journaliste Guelord Shamba, actuellement en clandestinité par crainte d’être arrêté.
Le CPJ dénonce une détention sans procédure judiciaire
Dans une déclaration, la directrice Afrique du CPJ, Angela Quintal, a dénoncé le maintien en détention de Stéphane Shisso depuis plus de quatre mois sans comparution devant un tribunal ni communication officielle des charges retenues contre lui. « C’est une grave injustice que les autorités congolaises détiennent Stéphane Shisso depuis plus de quatre mois sans le présenter devant une juridiction compétente », a déclaré Angela Quintal. Selon le CPJ, cette situation explique également la disparition de Guelord Shamba, collègue du journaliste arrêté, qui aurait fui pour sa sécurité.
Arrestation après un reportage sur l’exploitation minière à Kolwezi
D’après les informations recueillies par le CPJ auprès de plusieurs journalistes locaux, Stéphane Shisso, cameraman de Nyota TV, chaîne appartenant à l’opposant Moïse Katumbi, a été arrêté le 6 janvier 2026. Après son interpellation à Lubumbashi dans la province du Haut-Katanga, il aurait été conduit au camp militaire de Kimbembe avant d’être transféré à Kinshasa.
Le CPJ affirme que Stéphane Shisso et Guelord Shamba avaient réalisé un reportage à Kolwezi sur les phénomènes d’érosion liés aux activités minières. Le sujet, diffusé sur Nyota TV et Mbengu TV, donnait notamment la parole aux habitants dénonçant l’inaction des autorités face aux dégâts causés par l’exploitation minière.
Une région stratégique pour l’exploitation du cobalt
Située dans la province du Lualaba, Kolwezi est considérée comme l’un des principaux centres mondiaux de production de cobalt, un minerai essentiel dans la fabrication des téléphones portables et des batteries de véhicules électriques. Plusieurs organisations de défense des droits humains accusent régulièrement certaines compagnies minières d’expulsions forcées de populations afin de permettre l’extension des exploitations minières industrielles.
Inquiétudes autour de la disparition de Guelord Shamba
Le CPJ rapporte également que plusieurs proches de Guelord Shamba affirment ne plus avoir de nouvelles du journaliste depuis fin janvier 2026. Selon ces témoignages, il se serait caché après l’arrestation de Stéphane Shisso, craignant à son tour des représailles ou une arrestation. Deux sources citées par le CPJ indiquent également que les deux journalistes ont récemment perdu leurs pères respectifs sans pouvoir assister à leurs funérailles en raison de leur situation sécuritaire.
Silence du gouvernement congolais
Le porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, n’a pas répondu aux sollicitations du CPJ concernant cette affaire. L’organisation rappelle enfin que l’article 18 de la Constitution congolaise impose que toute personne arrêtée soit immédiatement informée des motifs de son arrestation et présentée devant une autorité judiciaire compétente dans un délai maximum de 48 heures.
La Gazette du Continent
