La Fédération Nationale des Associations des Motocyclistes Taximen de la République Démocratique du Congo (FENAMO-RDC) a annoncé l’organisation d’une marche pacifique et d’un sit-in le 15 mai 2026 à Kinshasa pour dénoncer les multiples tracasseries administratives et les taxations jugées illégales imposées aux conducteurs de motos-taxis.
Dans une correspondance adressée au Gouverneur de la ville-province de Kinshasa et transmise à plusieurs autorités nationales et provinciales, notamment au Président de la République, à la Première ministre ainsi qu’aux responsables des transports et de la sécurité, la plateforme des motocyclistes affirme agir au nom des taximen de Kinshasa.
Des taxes et documents « sans base légale »
Selon la FENAMO-RDC, plusieurs agents opérant dans le secteur des transports imposeraient aux motocyclistes des paiements et documents ne reposant sur aucun fondement juridique officiel. L’organisation dénonce notamment la vente d’autocollants et de documents administratifs facturés entre 75.000 et 85.000 francs congolais, alors que certains seraient imprimés dans des cybercafés à moindre coût avant d’être revendus aux conducteurs. La fédération accuse également certains agents de procéder à des arrestations de motos ainsi qu’à l’imposition d’amendes forfaitaires allant de 50.000 à 100.000 francs congolais.
Une marche prévue dans plusieurs communes de Kinshasa
D’après les organisateurs, la manifestation débutera le 15 mai 2026 à partir de 8h30. Dans toutes les communes de Kinshasa, les motocyclistes partiront de différents tronçons pour converger vers les maisons communales. Par ailleurs, les bureaux national et provinciaux de la FENAMO-RDC pour Kinshasa Est et Ouest prévoient un départ depuis le siège national situé à l’arrêt Mariano avec comme point de chute la Primature, où un mémorandum sera déposé auprès du Gouvernement.
Les revendications des motocyclistes
À travers cette mobilisation, les motocyclistes poursuivent plusieurs objectifs. La FENAMO-RDC réclame d’abord l’ouverture d’un dialogue social avec le Gouvernement en vue de l’organisation des états généraux du secteur des motos-taxis afin d’encadrer officiellement les taxes applicables et promouvoir le civisme fiscal dans le secteur. Les manifestants demandent également l’ouverture d’une enquête sur la gestion des taxes de stationnement perçues auprès des motos-taxis à Kinshasa entre 2018 et 2025.
Selon la fédération, le montant concerné atteindrait près de 160 millions de dollars américains, en référence aux déclarations médiatiques du député provincial Wemankoy Nicolas. Enfin, la plateforme sollicite la suspension immédiate de tous les documents de taxation considérés comme illégaux, notamment les autocollants non authentifiés et certaines fiches délivrées par la Division urbaine des transports, dénonçant un conflit de compétences avec les communes.
Un appel adressé aux autorités
Dans leur correspondance, les responsables de la FENAMO-RDC affirment vouloir défendre les intérêts des motocyclistes face aux pratiques qu’ils qualifient d’abusives. Le document est signé par le président national de la fédération, Soft Sébastien Musan’j Bin Kasongo, ainsi que par plusieurs responsables nationaux de la structure.
La Gazette du Continent
