En République démocratique du Congo, le débat sur une éventuelle révision de la Constitution continue de susciter de vives réactions au sein de la classe politique. Le premier vice-président de l’Assemblée nationale, Isaac Jean-Claude Tshilumbayi, a tenu à clarifier le cadre institutionnel dans lequel une telle démarche peut être envisagée, tout en remettant en question le rôle de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) dans ce processus.
Pour le responsable parlementaire, la CENCO ne dispose d’aucune prérogative constitutionnelle lui permettant d’intervenir dans l’organisation du jeu institutionnel en République démocratique du Congo. « La CENCO n’est pas une institution constitutionnellement établie en République démocratique du Congo. Elle n’a donc pas le pouvoir de déterminer comment se déroule le jeu institutionnel en RDC », a-t-il affirmé.
Isaac Jean-Claude Tshilumbayi a rappelé que la légitimité des institutions découle exclusivement du suffrage populaire et du cadre constitutionnel en vigueur. Selon lui, la CENCO, n’ayant ni été élue par le peuple ni instituée par la Constitution, ne saurait se substituer aux organes habilités à conduire un éventuel processus de révision constitutionnelle.
S’il reconnaît la nécessité d’un large consensus autour de toute réforme fondamentale de la loi suprême, il insiste néanmoins sur le fait que ce consensus doit s’inscrire dans les mécanismes prévus par la Constitution. « Oui, il faut un très large consensus, qui doit éventuellement passer par la représentation nationale, donc le Parlement, comme le prévoit notre Constitution, avec l’approbation des trois cinquièmes des députés siégeant en Congrès, ou alors par la consultation directe du peuple souverain », a-t-il précisé.
Le premier vice-président de l’Assemblée nationale a par ailleurs rejeté l’idée d’un consensus construit en dehors des institutions républicaines. À ses yeux, un tel processus ne peut se limiter à des concertations entre responsables religieux et acteurs politiques n’ayant pas obtenu une forte adhésion populaire lors des dernières échéances électorales.
Enfin, Isaac Jean-Claude Tshilumbayi a souligné que la notion de dialogue politique, souvent évoquée dans le débat public, ne constitue pas une exigence inscrite dans la Constitution pour engager une réforme constitutionnelle. « Le dialogue, je ne le retrouve nulle part dans notre Constitution », a-t-il conclu.
Cette prise de position intervient dans un contexte où les discussions autour d’une possible révision de la Constitution continuent d’alimenter le débat politique national.
Tenplar Ngwadi
