Le flou se dissipe autour des millions de dollars saisis à l’aéroport de Ndjili. Alors que les premières estimations faisaient état de 1,9 million de dollars, le ministre d’État, ministre de la Justice et garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, a revu ce montant à la hausse. Ce sont finalement 3 532 000 USD qui ont été mis sous scellés, à la suite d’une mise à jour importante des services étatiques.
Longtemps restée mystérieuse, l’origine de ces fonds a été clarifiée par André Wameso, gouverneur de la Banque centrale du Congo. S’exprimant le jeudi 9 avril 2026 à l’issue de la réunion du Comité de politique monétaire, le successeur de Malangu Kabedi a révélé que l’argent appartenait à une messagerie financière dûment agréée par la BCC.
Cette institution avait sollicité une autorisation pour transférer des fonds en espèces vers l’est de la République démocratique du Congo, spécifiquement dans les zones non occupées par la rébellion de l’AFC/M23. L’objectif était de servir sa clientèle locale en liquidités. Cependant, lors du contrôle de sécurité à l’aéroport, les agents ont constaté une anomalie majeure : « La quantité effectivement prête à être transportée était supérieure à la demande qui a été formulée », a expliqué André Wameso.
C’est ce non-respect des quotas autorisés qui a déclenché l’intervention des services de l’État et la confiscation immédiate du surplus.
Les fonds sont désormais consignés à la Banque centrale du Congo en attendant l’issue des investigations. Le gouverneur de la banque Wameso a insisté sur le fait que des enquêtes approfondies sont en cours pour déterminer les responsabilités et fixer les pénalités liées à cette violation des règles de transfert de fonds.
Cette rigueur fait écho aux inquiétudes exprimées dès la fin du mois de mars par Guillaume Ngefa. Le garde des Sceaux avait alors ordonné la saisie « régulière et intégrale » des fonds après avoir été alerté de soupçons de « manipulations irrégulières » et de tentatives de « partage » de la somme entre certains agents, au mépris des lois de la République.
Dans une correspondance adressée au procureur général près la Cour de cassation, le ministre de la Justice a souligné que cette affaire pourrait recouvrir des qualifications pénales graves, allant du détournement de biens saisis à la corruption, en passant par le blanchiment de capitaux et l’entrave au fonctionnement de la justice. Pour l’heure, l’enquête se poursuit pour faire toute la lumière sur les intentions réelles de la messagerie financière incriminée.
Tenplar Ngwadi
