Le 7 avril 2017 restera une date clé de la transition politique en République démocratique du Congo. Ce jour-là, par une ordonnance présidentielle lue à la télévision nationale, le président Joseph Kabila nommait Bruno Tshibala au poste de Premier ministre. Un choix stratégique intervenu dans un climat de haute tension institutionnelle.
L’application contestée de l’accord de la Saint-Sylvestre
Cette nomination s’inscrivait dans le cadre de l’application de l’accord conclu le 31 décembre 2016 entre l’opposition et la majorité. Ce compromis, obtenu sous l’égide de la Cenco, visait à sortir le pays de la crise provoquée par le maintien au pouvoir de Joseph Kabila au-delà du 20 décembre 2016, date de l’expiration de son second et dernier mandat constitutionnel.
Pour Bruno Tshibala, cette promotion représentait l’aboutissement d’un long parcours au sein de l’opposition. Ancien secrétaire général adjoint de l’UDPS, il s’était toujours revendiqué comme un proche fidèle d’Étienne Tshisekedi, la figure historique du parti.
Une rupture consommée avec le clan Tshisekedi
Cependant, l’ascension de M. Tshibala vers la Primature s’est faite au prix d’une rupture brutale avec sa famille politique. Porte-parole du Rassemblement de l’opposition, il avait vivement contesté la légitimité de Félix Tshisekedi à succéder à son père à la tête de la coalition après le décès d’Étienne Tshisekedi, le 1er février 2017.
Ce bras de fer interne avait conduit à son exclusion, fin février 2017, du Rassemblement et de l’UDPS, dont il était pourtant l’un des principaux dirigeants. Pour l’opposition restée fidèle à la ligne de Limete, le choix de Bruno Tshibala par Joseph Kabila a été perçu comme un « pied de nez » à la Cenco, à l’accord du 31 décembre et, plus largement, au peuple congolais.
Un avenir politique en suspens
Bien qu’il ait depuis quitté la Primature, Bruno Tshibala ne semble pas prêt à se retirer de la scène politique nationale. Malgré un poids électoral réduit son regroupement politique n’ayant obtenu que trois sièges lors des dernières législatives, l’ancien Premier ministre entend continuer à faire entendre sa voix dans le paysage politique congolais.
Jean-Claude Mass Mombong
