L’image est historique. Ce dimanche 05 avril, la capitale de la République démocratique du Congo a vibré à l’unisson pour célébrer le retour au bercail de son équipe nationale.
Auréolés d’une qualification pour le Mondial 2026, une première depuis 1974, les joueurs ont atterri à Kinshasa sous les acclamations d’une foule en liesse, transformant la métropole en une scène de fête populaire à perte de vue.

Dès leur descente d’avion à l’aéroport international de N’djili, les Léopards ont été emportés par une impressionnante caravane. Le cortège a fendu une marée humaine tout au long du trajet menant à l’esplanade du Palais du Peuple, où une cérémonie officielle a été organisée en présence du président de la République, Félix Tshisekedi.
Pour les Congolais, l’émotion est à la mesure de l’attente : plus d’un demi-siècle de patience avant de voir le drapeau de la RDC flotter à nouveau sur les pelouses de la plus prestigieuse des compétitions.

Cependant, le caractère purement sportif de l’événement a été rattrapé par les enjeux politiques du moment. Alors que le point de chute de la parade était le siège du Parlement, des banderoles géantes ont été déployées dans l’enceinte du Palais du Peuple. On pouvait notamment y lire le slogan « Tout droit ti na 3 », une expression largement scandée ces derniers jours par les partisans d’un troisième mandat pour Félix Tshisekedi.
Alors que le second et dernier mandat constitutionnel du chef de l’État expire en décembre 2028, ce message politique glissé au cœur des célébrations sportives n’a pas manqué d’attirer l’attention. Cette intrusion de l’agenda politique dans la ferveur nationale promet d’alimenter les débats autour de l’épineuse question de la révision ou du changement de la Constitution, alors même que le pays célèbre l’un de ses plus grands exploits sportifs.
Tenplar Ngwadi
