Il fut un homme politique, syndicaliste, ancien Premier ministre, Président de l’Assemblée nationale et Sénateur.
C’est un jumeau, de son vrai nom Mbo Liko, devenu Bo-boliko, mauvaise prononciation des prêtres Colons Belges qui ont retranscrit son nom sur le registre de l’état civil. Son frère Mpia n’a pas survécu à la naissance. Il est né le 15 août 1934 à Lobamiti dans la région de Bandundu, il est de l’ethnie Sakata. Il a commencé ses études primaires chez les missionnaires catholiques à Malapie, suite à la séparation de ses parents, le jeune André s’installe à Leopoldville avec sa mère, il sera élevé par son beau-père. Il poursuit donc ses études primaires à Sainte Marie, puis Sainte Anne, il sera de la première promotion à Saint Raphaël en 1955 à l’école moyenne.
Très apprécié par ses professeurs, une fois, ses études terminées, le jeune garçon se fait remarquer par JM De Coster Van qui l’embauche dans la Croix du Congo, la même année, premier journal catholique crée en 1933. Il bénéficiera d’une bourse d’études du mouvement ouvrier chrétien ( MOC), en Belgique, à l’Ecole sociale d’ Heverlee-Louvain, il obtient le diplôme d’Assistant social suivi d’un stage professionnel chez les syndicalistes Belges. Il avait comme condisciples : M. Bavon Bandi, M.Théodore Tshiswaka, M. Albert Atundu, M. Martin Ngwete, M. Paul Muhona, M. Jean Nkondi, M. Césaire Kayemba.
Les chrétiens Belges ont joué un rôle déterminant dans sa formation et évolution professionnelle. M. André Bobo Liko sera parmi le premier syndicaliste avant l’indépendance. De retour au pays en 1959 ,il devient tour à tour Secrétaire permanent régional de la Confédération des Syndicats Chrétiens au Congo (C.S.C.C) à Léopoldville, Secrétaire administratif national, Secrétaire général de l’Union des Travailleurs Congolais (U.T.C.), puis Administrateur de l’Institut National de la Sécurité Sociale (I.N.S.S.)et Vice-Président d’administration.Le Colonel Joseph-Désiré Mobutu met en place le 19 septembre 1960 le Collège des Commissaires généraux, M. Bo-Boliko est nommé Commissaire général adjoint au Travail et à la Prévoyance sociale.
En 1961 , il reprend ses activités syndicales , il sera nommé Président d’Union des Travailleurs Congolais (U.T.C). Il voyage chaque année à ce titre à Genève, en Suisse, où se trouve le siège de l’organisation internationale du travail, il sera représentant des travailleurs congolais, puis membre de la Commission consultative africaine (O.I.T.). Il sera plusieurs fois arrêté par le gouvernement Adoula (1962, 1963). Ses arrestations seront dénoncées par Victor Beleke, Secrétaire général Union des Travailleurs Congolais (U.T.C.). Il va se rapprocher du Général Mobutu qui donnera l’ordre à Nendaka, Administrateur de Sûreté nationale d’organiser une mascarade de son évasion à la prison de Makala.
En 1964 , les élections syndicales sont organisées au Congo, M. André Bo-Boliko, Union des Travailleurs Congolais (U.T.C.) obtient 65 % , suivi d’Alphonse-Roger Kithima, Confédération des Syndicats Libres du Congo (C.S.L.C.) 15 % et de Raphael Bintu, Fédération Générale des Travailleurs Kongolais, (F.G.T.K.) 10 %. Le 24 novembre 1965 , le Colonel Mobutu accède au pouvoir par un coup d’état militaire.
La dictature s’installe, les mouvements syndicaux deviennent Union Nationale de Travailleurs du Congo (U.N.T.C.) M. André Bobo Liko devient Président le 23 juin 1967. Le 27 octobre 1971, (3Z), U.N.T.C. devient l’Union Nationale des Travailleurs du Zaïre (U.N.T.ZA.).
Il délaisse ses habits de probité intellectuelle , chrétienne et morale pour faire la politique.
Il devient membre du politique, Premier ministre( Premier commissaire d’Etat), Président de l’Assemblée nationale( President du Conseil législatif). En 1990 avec le retour du multipartisme, il passe à l’opposition et crée le Parti démocrate et social chrétien (PDSC) avec Joseph Ileo.
Malade , il meurt en Belgique, le 30 mars 2018, à l’âge de 83 ans.
Jean-Claude Mombong Mass
