Il y a quarante neuf ans disparaissait Steve Biko, en Afrique du Sud. L’icône anti-apartheid décédait alors qu’elle était en garde à vue en septembre 1977, après avoir été arrêtée à Port Elizabeth. Stephen Bantu Biko est né le 18 décembre 1946, son père, Mathew Mzingaye était déjà un militant et est mort tué par un policier blanc lors d’un rassemblement militant le 12 septembre 1951.
Étudiant en médecine, sa première expérience politique commence très tôt à l’université, lorsqu’il s’engage au sein du syndicat l’Union nationale des étudiants sud-africains.
Conscience noire, il était inspiré par des grands leaders noirs tels W. E .B. Du Bois, Marcus Garvey, Frantz Fanon , le pouvoir fera tout pour le discréditer l’accusant de terrorisme. Sa popularité commençait à embêter le pouvoir raciste, il sera assigné à résidence en 1973. Au moment de son arrestation, il était interdit de parole publique et ne devrait pas rencontrer plus d’une personne à la fois.

Arrêté au mois d’août 1977, Biko est incarcéré à la prison de Port Elizabeth – une prison réputée pour ses méthodes brutales -, incarnée par le major Snyman. Le 6 septembre, Biko entre en salle d’interrogatoire, il est encore en possession de tous ses moyens, interrogé par le major Snyman, il sera enchaîné, menottes aux poignets et fers de 2 kg aux chevilles. L’équipe de nuit prend la relève. À 7 heures du matin, le major Snyman reprend l’interrogatoire. Mais Biko porte à la tête des blessures profondes, il est dans un état semi-comateux. Il n’a toujours pas repris connaissance, quatre jours après.
Nu, recouvert d’une couverture, il sera jeté à l’arrière d’une Land Rover et transféré à la prison de Pretoria. Il succombe le 12 septembre à un traumatisme crânien, aucun des deux médecins appelés à son chevet avant son transfert ne s’était inquiété et alerté les autorités. Selon les policiers ,Biko était un personnage dangereux et simulait.
Le ministre sud-africain de la Justice, James Kruger, dans un bref communiqué, déclare que Biko est décédé des suites d’une grève de la faim entamée le 5 septembre. Les autorités avancent plusieurs hypothèses contradictoires : il souffrait d’une maladie des reins, puis une autre, il est mort des suites de blessures qu’il s’est faites en se débattant entre les mains des policiers.
Le juge Marthinus Prins prononcera un non-lieu en faveur des bourreaux de Biko. Il sera enterré le 25 septembre 1977, lors de l’éloge funèbre, Desmond Tutu lancera cette phrase qui reste d’actualité : « Il y a des limites à ce qu’un peuple peut supporter ».
Il est mort à l’âge de 30 ans.
Jean-Claude Mombong Mass
