L’Alliance pour l’Alternance et le Progrès (AAP), dirigée par Théophile Mbemba, annonce le 13 octobre 2026 sur son compte X son retrait du mouvement « Sauvons la RDC ». Dans une déclaration, ce responsable politique affirme que son parti n’est associé ni de près ni de loin à l’option militaire qu’il attribue au leadership de ce mouvement.
Il réaffirme son attachement à une opposition politique, démocratique et pacifique, tout en plaidant pour un dialogue national inclusif sous la médiation de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et de l’Église du Christ au Congo (ECC).
De la Conférence nationale souveraine à l’engagement politique
Théophile Mbemba situe son engagement politique dans la période d’ouverture démocratique amorcée en 1990, marquée par la Conférence nationale souveraine (CNS). Il affirme avoir consacré son parcours à la lutte contre la dictature et à la construction d’un véritable État de droit en République Démocratique du Congo.
Dans sa déclaration, il rappelle également un épisode de son parcours remontant à octobre 1991. En signe de soutien à Étienne Tshisekedi wa Mulumba, figure historique de l’opposition congolaise, il indique avoir décliné sa nomination au poste de ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire.
Cette décision, telle qu’il la présente, s’inscrivait dans une démarche politique guidée par ses convictions et sa volonté de soutenir le combat démocratique porté à l’époque par l’opposition.
Sous Laurent-Désiré Kabila : un engagement revendiqué au service de l’État
Après la chute du régime de Mobutu Sese Seko en mai 1997, Laurent-Désiré Kabila accède au pouvoir à la tête de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL). Cette période ouvre une nouvelle séquence politique, marquée par la réorganisation des institutions et par des tensions autour des libertés politiques et de la participation de l’opposition.
Théophile Mbemba affirme avoir servi le président Laurent-Désiré Kabila avec loyauté et dignité. Dans son texte, il souligne avoir accompli les missions qui lui avaient été confiées dans l’intérêt supérieur de l’État et du peuple congolais.
Il ne précise toutefois pas, dans cette déclaration, les fonctions exactes qu’il a exercées sous ce régime ni les dates correspondant à ses différentes responsabilités. Ces éléments mériteraient d’être documentés pour retracer précisément son parcours au cours de cette période.
Sous Joseph Kabila : la continuité d’un parcours politique
Après l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila, le 16 janvier 2001, son fils Joseph Kabila Kabange lui succède à la tête de la République Démocratique du Congo. Le nouveau pouvoir engage une transition politique qui débouche sur les élections générales de 2006, les premières élections nationales pluralistes organisées dans le pays depuis plusieurs décennies.
Théophile Mbemba affirme également avoir servi Joseph Kabila, aujourd’hui ancien président de la République, en remplissant les missions qui lui avaient été confiées. Il inscrit cette expérience dans la continuité de son engagement au service du pays.
L’AAP, un instrument de lutte politique pacifique
Se réclamant de valeurs républicaines et chrétiennes, Théophile Mbemba explique avoir créé l’Alliance pour l’Alternance et le Progrès (AAP). Il lprésente cette formation comme un instrument de lutte pacifique pour promouvoir une autre manière de gouverner la RDC.
Le parti entend combattre ce qu’il considère comme une dérive autoritaire du pouvoir en place, renforcer durablement la démocratie et l’État de droit, et défendre une gouvernance axée sur l’amélioration concrète des conditions de vie de la population. Cette orientation constitue, selon son président national, le cadre de référence de l’action politique de l’AAP, qui se positionne dans l’opposition.
« Sauvons la RDC » : une rupture motivée par le choix de la voie militaire
L’AAP indique avoir été invitée au conclave des forces politiques et sociales organisé à Nairobi, au Kenya. À l’issue de cette rencontre, le parti avait signé la déclaration du mouvement « Sauvons la RDC ». D’après Théophile Mbemba, cette adhésion initiale répondait à plusieurs objectifs : lutter contre ce qu’il qualifie de dictature, réclamer la tenue d’un dialogue national inclusif, contribuer à la restauration de l’autorité de l’État et préserver l’intégrité territoriale du pays.
Le président de l’AAP affirme toutefois avoir constaté un changement d’orientation au sein du mouvement. Il reproche à son leadership d’avoir privilégié la voie militaire pour défendre ses convictions. C’est cette divergence qui motive désormais la prise de distance du parti. Théophile Mbemba assure que l’AAP, sa direction et ses membres ne sont associés à cette option « ni de près ni de loin ».
Cette rupture est présentée comme une décision politique destinée à préserver la cohérence entre les engagements du mouvement auquel le parti avait initialement adhéré et les principes défendus par l’AAP.
Un appel au dialogue sous la médiation de la CENCO et de l’ECC
Malgré cette rupture, l’AAP maintient son appel à un dialogue national inclusif. Le parti estime qu’une démarche de concertation reste nécessaire pour favoriser la paix, consolider l’unité nationale et préserver l’intégrité territoriale de la RDC.
Théophile Mbemba encourage, à cet effet, une médiation de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et de l’Église du Christ au Congo (ECC), deux institutions religieuses régulièrement citées dans les initiatives de concertation politique et de recherche de solutions aux crises congolaises.
Le président de l’AAP réaffirme que son parti entend poursuivre son combat exclusivement par des moyens politiques, démocratiques et pacifiques. Il clôt sa déclaration par un appel à la bénédiction divine pour la République Démocratique du Congo et son peuple.
La Gazette du Continent
