Le débat sur le format du dialogue national continue de diviser la classe sociopolitique congolaise. Intervenant mercredi 16 septembre 2026 lors de la deuxième édition de la Journée nationale Justice et Paix, organisée par la Commission Justice et Paix de la CENCO, Martin Fayulu a plaidé pour un dialogue national réunissant l’ensemble des parties prenantes à la crise congolaise.
Le président de l’ECiDé et cadre de la coalition C64 estime notamment que les acteurs armés engagés dans le conflit devraient être associés à ce processus. Selon lui, leur exclusion pourrait contribuer à la fragmentation du pays.
« Le Congo a des problèmes. Et pour résoudre ces problèmes, qui sont de plusieurs ordres, il faut un dialogue. Mais quel dialogue ? C’est un dialogue national inclusif », a déclaré Martin Fayulu.
Pour l’opposant, toutes les composantes de la société et tous les intérêts concernés par la crise devraient être représentés autour de la table, y compris ceux qui contrôlent des portions du territoire national.
« Si nous disons que nous excluons ceux qui font la guerre, qui font la guerre à leur pays, qui sont Congolais, et surtout sachant qu’ils ont des pans entiers du territoire national entre leurs mains, si vous ne les associez pas à ce dialogue, c’est-à-dire que vous balkanisez le pays », a-t-il affirmé.
Fayulu plaide pour l’examen des causes de la crise
Martin Fayulu estime par ailleurs que la voie militaire n’a pas permis, selon lui, de récupérer les territoires contrôlés par l’AFC/M23. Il appelle dès lors à réunir les différents acteurs afin qu’ils puissent exposer leurs analyses sur les origines de la crise.
« L’armée congolaise n’a pas pu récupérer les terres, n’a pas pu récupérer les territoires qu’ils occupent. Donc, c’est pour cela que nous disons qu’il faut qu’on se mette tous ensemble, que chacun dise ce qu’il a, quelles sont les causes de cette crise », a-t-il déclaré.
Il évoque notamment des causes qu’il qualifie d’« internes » et d’« externes », qui devraient, selon lui, être examinées dans le cadre du dialogue.
Le processus de Doha également évoqué
Dans son intervention, Martin Fayulu a également fait référence aux discussions menées à Doha entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23. Il estime que les conclusions de ces pourparlers devraient être prises en compte dans un éventuel dialogue national.
« M. Tshisekedi, avec son gouvernement, sont à Doha en train de discuter avec les rebelles de l’AFC/M23. […] Ils ont déjà élaboré huit protocoles d’accord. Ils en ont signé deux », a-t-il déclaré, s’interrogeant sur la portée de tels accords s’ils n’étaient pas intégrés à un processus associant également l’opposition et la société civile.
Cette position intervient alors que le pouvoir de Félix Tshisekedi défend un dialogue national destiné à renforcer la cohésion interne, tandis que les discussions de Doha portent sur le conflit avec l’AFC/M23. La question du format et de la participation au futur dialogue demeure ainsi au cœur des divergences politiques en RDC.
Keno M.
