Le ministre de la Communication et Médias a clôturé, à Kinshasa, un forum international consacré aux défis et aux innovations dans l’écosystème médiatique africain. Il a insisté sur la nécessité de renforcer la collaboration entre les journalistes, les pouvoirs publics, la société civile et les partenaires, tout en préservant les règles déontologiques du métier.
Patrick Muyaya, appelle à une mobilisation collective contre la désinformation et les fausses nouvelles. Il l’a déclaré lors de la clôture le 13 octobre 2026, à Kinshasa, d’un forum international des médias organisé avec l’appui de la Fondation Konrad Adenauer Stiftung (KAS).
Pour le porte-parole du gouvernement congolais, la lutte contre les fake news ne peut être efficace sans une collaboration étroite entre les professionnels des médias, les autorités publiques, la société civile et les organisations partenaires.

« Vous ne pouvez pas penser aujourd’hui lutter contre la désinformation ou les fake news sans être en coalition », a-t-il souligné, évoquant notamment les campagnes de santé publique, au cours desquelles de fausses informations peuvent compromettre les efforts de sensibilisation de la population.
Patrick Muyaya estime que les journalistes doivent occuper une place centrale dans cette coalition, particulièrement dans un environnement numérique où de nouveaux acteurs diffusent et commentent l’information.
La déontologie, marque distinctive du journaliste
Face à la multiplication des sources d’information et à l’évolution des technologies, le ministre a insisté sur la nécessité pour les journalistes de se distinguer par le respect des règles professionnelles. « La différence du journaliste réside dans le respect des codes de déontologie que nous connaissons ».
Cette exigence est d’autant plus importante que l’intelligence artificielle, les médias en ligne et les nouveaux modes de production et de diffusion de l’information bouleversent le paysage médiatique.
Le ministre a ainsi plaidé pour un travail plus étroit entre les différents acteurs du secteur, afin de préserver l’intégrité de l’information et de consolider la confiance du public envers les médias.
La nouvelle loi sur la presse mise en avant
Patrick Muyaya est également revenu sur les réformes engagées dans le secteur depuis les États généraux de la communication et des médias organisés en 2022. Ces assises avaient recommandé l’adaptation de la législation sur la presse, jugée dépassée face aux transformations du paysage médiatique congolais. Le cadre légal précédent datait de 1996, une période marquée par une configuration très différente de celle que connaissent aujourd’hui les médias.
Le ministre a salué la contribution des professionnels des médias à l’élaboration de la nouvelle loi, souvent désignée sous l’appellation de « loi Muyaya ». Selon lui, ce texte introduit plusieurs innovations en matière de protection des journalistes, de viabilité économique des entreprises de presse et de reconnaissance des nouveaux métiers liés à la communication.
Il a également souligné l’importance d’une définition plus précise de la profession de journaliste, afin de mieux délimiter son exercice et de distinguer les professionnels des autres intervenants dans l’espace médiatique.
Dans la même dynamique, le gouvernement poursuit sa collaboration avec les organisations professionnelles, notamment l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC), en vue de la délivrance d’une nouvelle carte de presse. L’objectif affiché est de permettre aux journalistes de bénéficier de facilités adaptées à leurs missions.
La souveraineté narrative au cœur des échanges
Au-delà de la désinformation et des réformes juridiques, les participants au forum ont insisté sur la nécessité pour les médias africains de produire des contenus reflétant davantage les réalités, les expériences et les aspirations du continent.
S’exprimant au nom des participants, Christian Lenga Lenga a salué les échanges d’expériences et les réflexions menées autour de l’innovation dans les médias africains.
Il a mis en avant l’élaboration d’une charte reprenant les principales thématiques abordées au cours des travaux. Ce document devrait servir de base à des recommandations et à des actions de plaidoyer auprès des décideurs politiques.
« Il nous faut produire les contenus qui nous ressemblent », a-t-il déclaré, soulignant que l’Afrique mérite une représentation plus fidèle de ses réalités et que ses démocraties sont en constante évolution.
Les discussions ont ainsi porté sur la liberté de la presse, l’indépendance des médias, l’intégrité de l’information à l’ère numérique et les moyens de renforcer les écosystèmes médiatiques africains.
La Fondation Konrad Adenauer salue l’engagement des participants
De son côté, le représentant résident de la Fondation Konrad Adenauer en RDC, Timo Roujean, a remercié les participants et les équipes ayant contribué à l’organisation de cette rencontre internationale. Il a particulièrement salué le travail des experts et des intervenants venus de différents pays, dont le Sénégal, le Togo et l’Afrique du Sud, ainsi que les contributions d’autres participants issus de divers horizons.
Pour la Fondation, ce forum a constitué un cadre d’échanges et de réflexion permettant aux professionnels des médias de confronter leurs expériences et d’élaborer des pistes de solutions communes aux défis du secteur.
Timo Roujean a également salué la présence de Patrick Muyaya à la cérémonie de clôture, qu’il a considérée comme un signe d’encouragement pour ce type d’initiative.
Former la relève et mettre en pratique les acquis
En clôturant les travaux, Patrick Muyaya a encouragé les professionnels des médias à mettre en pratique les connaissances acquises durant les ateliers. Il a également invité les étudiants en journalisme présents à profiter de telles occasions pour se familiariser avec les réalités du métier et apprendre auprès des praticiens.
Le ministre a enfin exprimé le souhait de voir se poursuivre les collaborations entre les pouvoirs publics, les organisations professionnelles et la Fondation Konrad Adenauer Stiftung, afin de contribuer au développement des médias.
Les travaux de ce forum international s’achèvent ainsi sur un appel à la responsabilité journalistique, à l’innovation et à la production de contenus ancrés dans les réalités africaines, dans un contexte marqué par les défis de la transformation numérique et de la désinformation.
La Gazette du Continent
