Le porte-parole du gouvernement congolais et ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, a vivement réagi aux déclarations et au positionnement de l’ancien président Joseph Kabila, qu’il accuse de vouloir renverser l’ordre constitutionnel par la force.
Il présente le mouvement armé concerné comme un groupe supplétif du Rwanda et affirme que les autorités restent déterminées à poursuivre le règlement de la crise sécuritaire dans le cadre des processus de Washington et de Doha.
Dans sa réaction, Patrick Muyaya estime que le choix de Joseph Kabila de prendre les armes signifie qu’il a choisi de « tuer les Congolais » dans l’espoir de renverser l’ordre constitutionnel et de revenir au pouvoir. Selon lui, la création d’un mouvement présenté sous une nouvelle identité ne change ni les acteurs ni les intentions qu’il attribue à ce groupe.
« On lance un mouvement pour tenter de se donner un nouveau visage mais en réalité, les intentions, les projets macabres, les modus operandi sont bien connus », a déclaré le porte-parole du gouvernement, qui qualifie ce mouvement de groupe armé supplétif du Rwanda.
Patrick Muyaya affirme que le gouvernement reste ferme dans ses engagements en faveur du règlement du volet sécuritaire de la crise, aussi bien dans le cadre de Washington que dans celui de Doha. Il estime que, quelle que soit sa dénomination, le groupe armé concerné est appelé à disparaître au terme du processus de Doha.
Le ministre a également interpellé les leaders de l’opposition, notamment ceux du C64, qui réclamaient la participation de Joseph Kabila au dialogue. Il les appelle désormais à se prononcer entre la République et ce qu’il qualifie d’agression, après ce qu’il présente comme l’officialisation du rôle de l’ancien président à la tête des supplétifs.
Dans cette même déclaration, Patrick Muyaya accuse Joseph Kabila, le Rwanda et ce qu’il décrit comme une alliance familiale de chercher à « congoliser » l’agression menée sur le territoire congolais afin de soustraire Kigali à ses responsabilités.
Pour défendre la position du gouvernement, le porte-parole a rappelé que l’accès au pouvoir doit passer par les urnes et non par la violence. « Le pouvoir appartient au peuple congolais. Il se conquiert par les urnes, pas par les armes », a-t-il insisté.
Patrick Muyaya a également lancé une pique à l’ancien chef de l’État en évoquant ses 18 années au pouvoir : « Le fils aîné veut apprendre aux Congolais à nager alors qu’il a pendant 18 ans vidé la piscine. »
Le ministre a enfin affirmé que le Bloc pour la République s’opposerait à cette nouvelle entreprise, qu’il considère comme une tentative de retour au pouvoir par la voie armée.
Tenplar Ngwadi
