Nzanga Mobutu a vivement réagi aux critiques de l’ancien président Joseph Kabila contre le pouvoir actuel en République démocratique du Congo. Dans une publication sur son compte X, il lui reproche de dresser le procès du régime de Félix-Antoine Tshisekedi sans rendre suffisamment compte de son propre bilan, après dix-huit années passées à la tête du pays.
« Dix-huit ans à la tête de la République démocratique du Congo. Dix-huit ans dont les Congolais connaissent les réalités et dont le bilan appelle moins de leçons que d’aveux », écrit Nzanga Mobutu, qui conteste la posture adoptée par l’ancien chef de l’État face à son successeur.
L’auteur de cette réaction estime que Joseph Kabila ne peut se limiter à critiquer la gouvernance actuelle sans revenir sur les réalités de ses propres années au pouvoir. Il lui reproche notamment de dénoncer la « dictature vaincue le 17 mai 1997 », tout en passant sous silence les aspects controversés de son propre bilan.
Nzanga Mobutu rappelle que le régime antérieur à celui de Joseph Kabila a formé plusieurs générations de médecins, d’ingénieurs, d’architectes, d’universitaires et de cadres, dont certains ont ensuite servi sous son administration. Il souligne également que la répression des voix dissidentes et le report des échéances électorales ont marqué les années de Joseph Kabila à la tête de l’État.
La situation sécuritaire dans l’Est de la RDC constitue un autre point de désaccord. Nzanga Mobutu reproche à l’ancien président de dénoncer la guerre sans citer explicitement l’AFC/M23 ni le Rwanda.
Il rappelle que Joseph Kabila fait l’objet de sanctions américaines pour son soutien allégué à cette rébellion, des accusations que l’ancien président conteste. « On ne peut prétendre dénoncer une guerre en passant sous silence ceux qui l’alimentent », affirme-t-il.
Pour Nzanga Mobutu, l’histoire politique congolaise ne saurait être réduite aux seules périodes de 1997 ou de 2019. Il estime qu’aucun acteur politique ne peut revendiquer le monopole de la vertu et que l’exercice du pouvoir impose avant tout une obligation de vérité et de responsabilité.
« Nul ne détient le monopole de la vertu politique. Dix-huit ans de pouvoir obligent d’abord au devoir de vérité et à celui de rendre compte, bien avant de prétendre donner des leçons », conclut-il.
Jean-Claude Mombong Mass
