Les victimes et déplacés de guerre de l’Est de la République Démocratique du Congo appellent à leur participation effective au processus de dialogue national engagé par le chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi.
Dans une déclaration rendue publique le 23 septembre 2026 à l’issue d’une réunion préparatoire, la Ligue patriotique pour la promotion de la bonne gouvernance (LIPABGO) et cinq organisations associées à la démarche affirment vouloir contribuer de manière « patriotique et constructive » aux efforts de recherche d’une solution politique à la crise.
Tout en saluant l’initiative présidentielle, ces organisations estiment que tout processus de paix doit tenir compte de la parole des personnes affectées par les conflits.
Justice transitionnelle et mémoire des victimes
Les signataires demandent que les victimes, les déplacés et les communautés affectées disposent d’un espace pour témoigner, formuler des propositions et participer aux discussions nationales. Ils proposent également une réflexion sur la mise en place d’un Conseil national de justice transitionnelle, chargé de contribuer à la recherche de la vérité, à l’établissement des responsabilités, à la préservation de la mémoire des victimes et à la réconciliation nationale.
La déclaration appelle par ailleurs à prendre en considération les éléments documentés dans le Rapport Mapping ainsi que les informations disponibles sur les massacres et les fosses communes dans les zones touchées par les conflits.
Protection des civils et retour des déplacés
Les organisations insistent également sur la nécessité de placer la protection des populations civiles au centre du processus. Elles demandent que la sécurité des territoires affectés ainsi que le retour « digne et sécurisé » des personnes déplacées figurent parmi les priorités du dialogue national.
Elles appellent, dans ce cadre, le comité préparatoire à poursuivre les consultations avec les organisations de victimes, les déplacés, les communautés affectées et la société civile.
« Nous ne demandons pas la vengeance »
Les signataires disent rejeter toute logique de vengeance, tout en réclamant que les crimes les plus graves ne restent pas impunis.
« Nous demandons que la vérité soit établie et que les mécanismes prévus par la justice puissent fonctionner conformément au droit », soulignent-ils. Pour ces organisations, le dialogue doit également contribuer à rompre avec les cycles de violences, de représailles et de déplacements forcés qui affectent depuis plusieurs années les populations de l’Est du pays.
Les victimes veulent devenir actrices de la paix
Dans leur message au chef de l’État, les organisations demandent que les victimes ne soient pas seulement évoquées dans les discours, mais qu’elles soient directement associées aux décisions concernant leur avenir. Elles disent vouloir une paix fondée sur la vérité, la justice, la sécurité, la dignité et la réconciliation.
« Nous sommes victimes, mais nous ne voulons pas rester prisonniers de notre statut de victimes », concluent-elles, affirmant leur volonté de devenir des acteurs de la paix, de la justice et de la reconstruction de la RDC.
La Gazette du Continent
