Réunis devant le Centre financier de Kinshasa pour leur deuxième journée de sit-in, les conseillers communaux de 24 provinces de la République Démocratique du Congo dénoncent une réduction de près de 50 % de leurs frais de fonctionnement au stade du paiement par le ministère des Finances. Ils réclament le respect des engagements budgétaires et menacent de poursuivre leur mobilisation pendant 26 jours et 26 nuits si aucune solution n’est trouvée.
Deux jours de mobilisation malgré les intempéries
Les conseillers communaux issus de 24 provinces de la RDC poursuivent leur sit-in devant le Centre financier de Kinshasa. Malgré les fortes pluies et les conditions difficiles, ces élus locaux maintiennent leur mobilisation pour obtenir le paiement intégral des frais de fonctionnement prévus pour leurs institutions.
Ils dénoncent un traitement qu’ils estiment discriminatoire dans l’exécution des engagements budgétaires. Selon leurs représentants, les conseils communaux de Kinshasa et de l’Ituri seraient épargnés par la réduction contestée, contrairement à ceux des 24 autres provinces.
Benoît Belengenyi Tshitenge, coordonnateur du collectif des conseillers communaux du Kasaï Central, ville de Kananga, explique que cette mobilisation vise à dénoncer la situation et à obtenir des réponses des autorités compétentes.
« Aujourd’hui, c’est la deuxième journée que nous venons de passer ici au Centre financier, dans des conditions très difficiles. Une journée très pluvieuse, et nous avons supporté toutes ces intempéries ».
Pour ces élus, cette situation aggrave les difficultés auxquelles les conseils communaux sont confrontés depuis leur installation, notamment le manque de locaux appropriés et de moyens nécessaires à l’exercice de leurs missions.
Une réduction de près de 50 % dénoncée au ministère des Finances
Au cœur de la contestation figure la réduction alléguée d’environ 50 % des montants prévus pour le fonctionnement des conseils communaux concernés.
Willy Nzembela, coordinateur national des conseillers communaux mobilisés, affirme que les bons d’engagement suivent normalement les différentes étapes de la chaîne de la dépense publique, depuis leur signature par le vice-premier ministre, ministre du Budget jusqu’à la Direction du Trésor.
Selon lui, c’est au stade final du paiement, au ministère des Finances, que des annotations seraient apportées, entraînant une diminution des montants destinés aux conseils communaux des 24 provinces.
Les manifestants disent ne pas comprendre pourquoi les engagements budgétaires seraient exécutés différemment selon les provinces, alors que les bons d’engagement concernent, selon eux, l’ensemble des 26 provinces du pays.
« On ne comprend pas, sur une même enveloppe globale de paiement, les engagements sont respectés pour deux provinces, Kinshasa et Ituri, et les autres provinces ne voient pas leur engagement budgétaire être respecté », déplore Willy Nzembela.
Les conseillers communaux affirment détenir des éléments à l’appui de leurs accusations et demandent que les autorités compétentes examinent cette situation. Les raisons de la réduction dénoncée n’ont toutefois pas été établies dans les éléments disponibles.
Des frais destinés au fonctionnement des institutions locales
Les représentants des manifestants tiennent à préciser que les montants concernés ne constituent pas les salaires des conseillers communaux. Il s’agit, expliquent-ils, de frais destinés au fonctionnement des organes délibérants des communes.
Ces ressources servent notamment à payer les locaux loués pour abriter les sièges des conseils et les séances plénières, à prendre en charge le personnel politique et d’appoint, ainsi qu’à assurer le fonctionnement de l’administration rattachée aux assemblées communales.
Elles permettent également l’acquisition de fournitures, de matériels et d’outils de bureau indispensables au travail quotidien des institutions locales. Une partie du montant restant serait affectée aux indemnités des élus.
Pour les conseillers communaux, une diminution de près de la moitié de ces ressources compromettrait davantage le fonctionnement de structures qu’ils considèrent encore fragiles et confrontées à d’importants besoins matériels et administratifs.
Ils estiment que les moyens prévus doivent permettre aux conseils communaux d’exercer leurs missions de délibération et de contribuer au développement à la base, conformément à l’orientation défendue par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Un recours lancé au président de la République
Face à cette situation, les conseillers communaux disent avoir multiplié les démarches auprès des autorités. Ils rappellent que le chef de l’État avait donné des instructions en faveur de la prise en charge de leurs frais de fonctionnement et que le ministère du Budget avait, selon eux, engagé des démarches pour leur alignement budgétaire.
Benoît Belengenyi Tshitenge affirme que les difficultés persistent malgré ces démarches.
« Nous ne savons pas les motivations, parce que les bons d’engagement, c’est pour les 26 provinces. Et nous nous demandons pourquoi marginaliser les 24 provinces au détriment de deux seulement ? », s’interroge-t-il.
Les manifestants en appellent ainsi à l’intervention du président de la République afin que la situation soit examinée et qu’une solution soit trouvée. Ils demandent le respect des engagements budgétaires et la garantie d’un traitement équitable des conseils communaux à travers le pays.
Willy Nzembela dénonce, pour sa part, une situation qui durerait depuis environ un an et demi. Il affirme que les élus concernés ne peuvent plus accepter ce qu’ils considèrent comme une marginalisation de leurs institutions.
Un sit-in annoncé pour 26 jours et 26 nuits
Déterminés à maintenir la pression, les conseillers communaux annoncent leur intention de poursuivre le sit-in pendant 26 jours et 26 nuits si aucune solution satisfaisante n’est apportée à leurs revendications.
Au deuxième jour de leur mobilisation, ils disent attendre des réponses concrètes des autorités, en particulier sur les motifs de la réduction contestée et sur les mesures susceptibles de rétablir les montants initialement prévus.
« C’est ainsi que nous sommes venus, premièrement pour dénoncer, et deuxièmement, faire le sit-in de 26 jours, 26 nuits. Aujourd’hui, nous sommes à la deuxième journée. Si peut-être il n’y a pas eu une solution idoine, nous allons continuer jusqu’à ce qu’on réponde à nos désidératas », prévient Benoît Belengenyi Tshitenge.
Cette mobilisation remet au centre du débat la question des moyens financiers nécessaires au fonctionnement des institutions communales, créées pour rapprocher la gestion publique des populations. Les conseillers communaux attendent désormais une réponse des autorités compétentes afin de sortir de cette impasse et de garantir la continuité des activités de leurs organes délibérants.
La Gazette du Continent
