La Coalition des Patriotes pour le Changement (CPC), regroupant des acteurs de l’opposition politique congolaise, annonce l’organisation d’une grande marche pacifique sur toute l’étendue de la République Démocratique du Congo, le samedi 14 novembre 2026.
À travers cette mobilisation, elle entend défendre la souveraineté nationale, soutenir un dialogue constructif pour la paix et la cohésion nationale, et réclamer la création d’un tribunal pénal international pour la RDC chargé de poursuivre les crimes commis dans le pays depuis plus de trente ans.
Dans une déclaration adressée à l’opinion publique nationale et internationale, la coalition a également réagi aux propos tenus le 3 octobre 2026 à Indianapolis, aux États-Unis, par l’ancien vice-président de la République, Azarias Ruberwa Manyiwa. La CPC conteste son discours sur la situation des populations swahiliphones et l’accuse de reprendre des arguments qu’elle estime favorables aux intérêts du Rwanda.
Une marche pour défendre la souveraineté et l’intégrité territoriale
La CPC présente cette mobilisation du 14 novembre 2026 comme une occasion de réaffirmer son attachement à l’indépendance, à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la RDC. Pour cette coalition, ces principes ne peuvent faire l’objet d’aucune négociation, quelles que soient les circonstances politiques et sécuritaires que traverse le pays.
À travers cette manifestation annoncée sur l’ensemble du territoire national, les organisateurs souhaitent également exprimer leur soutien à un dialogue constructif susceptible de favoriser le retour de la paix, le renforcement de la cohésion nationale et la refondation de l’État congolais.
La coalition entend ainsi placer la question de l’unité nationale et de la défense des intérêts de la RDC au centre de sa mobilisation. Elle appelle, dans ce cadre, à une prise de conscience collective face aux défis sécuritaires et politiques auxquels le pays est confronté, particulièrement dans sa partie orientale.
La création d’un tribunal pénal international pour la RDC au cœur des revendications
L’un des principaux objectifs de cette marche est d’exiger la création d’un tribunal pénal international pour la RDC. Selon la CPC, cette juridiction devrait permettre de poursuivre les auteurs des crimes commis sur le territoire congolais depuis plus de trente ans, notamment ceux qu’elle attribue à des troupes étrangères, en particulier rwandaises.
Par cette revendication, la coalition entend remettre au centre du débat la question de la justice pour les victimes des violences armées, des massacres de civils et des autres crimes présumés commis au cours des différents conflits qui ont affecté le pays.
La CPC estime que la recherche de la paix doit aller de pair avec la lutte contre l’impunité. Elle défend ainsi l’idée qu’un mécanisme judiciaire international spécifiquement consacré aux crimes commis en RDC pourrait contribuer à établir les responsabilités et à répondre aux attentes des victimes.
La création d’une telle juridiction constitue toutefois une revendication politique de la coalition, et non l’annonce de la mise en place effective d’un tribunal.
Hommage aux FARDC et aux combattants Wazalendo
Dans sa déclaration, la CPC rend hommage aux Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) ainsi qu’aux combattants patriotes Wazalendo, engagés dans les opérations contre les groupes armés dans l’est du pays.
La coalition salue ce qu’elle qualifie de prouesses héroïques des forces nationales et souligne leur détermination face à l’insécurité. Elle affirme que plusieurs territoires, localités et positions stratégiques précédemment occupés par l’ennemi seraient progressivement reconquis.
Pour la CPC, les sacrifices consentis par les militaires congolais et les autres combattants mobilisés pour la défense du territoire ne doivent pas être oubliés. Elle considère que leur engagement constitue un élément central de la résistance nationale face aux menaces pesant sur l’intégrité territoriale du pays.
Cet hommage s’inscrit dans le message général que la coalition entend porter lors de la marche du 14 novembre 2026 : la défense du territoire national, la solidarité avec les populations affectées par les conflits et la recherche d’une paix durable.
La CPC critique les déclarations d’Azarias Ruberwa à Indianapolis
La seconde partie de la déclaration est consacrée aux propos qu’Azarias Ruberwa Maniwa aurait tenus le 3 octobre 2026 à Indianapolis, aux États-Unis. La CPC affirme avoir suivi ces interventions avec « une profonde amertume et une indignation légitime ».
L’ancien vice-président de la République est critiqué pour son discours relatif aux populations swahiliphones de la RDC. Selon la coalition, cette approche constituerait une nouvelle manière de présenter la question communautaire, après les arguments liés à la discrimination des Banyamulenge qui ont marqué une partie du débat politique et sécuritaire dans l’est du pays.
La CPC estime que l’invocation de la langue swahilie dans ce contexte risque d’opposer différentes composantes de la population congolaise. Elle considère que la défense des droits des communautés ne doit pas servir, selon ses termes, à justifier une remise en cause de l’unité nationale ou à soutenir des intérêts étrangers.
Ces accusations relèvent de la position exprimée par la coalition dans sa déclaration. Elles ne constituent pas, à elles seules, une démonstration des intentions attribuées à Azarias Ruberwa.
Le passé politique de l’ancien vice-président remis en question
La CPC revient également sur le parcours politique d’Azarias Ruberwa Manyiwa, ancien vice-président de la République et ancien dirigeant du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD-Goma), mouvement politico-militaire qui a joué un rôle majeur dans les conflits armés en RDC.
La coalition rappelle que l’ancien responsable a bénéficié de plusieurs fonctions publiques au sein du gouvernement et de l’institution présidentielle. Elle évoque également sa formation universitaire à l’Université de Lubumbashi, qu’elle présente comme ayant été financée grâce à une bourse de l’État congolais.
À partir de ces éléments, la CPC l’interpelle sur ce qu’elle considère comme un manque de condamnation claire et constante des actes imputés au Rwanda en RDC. Elle cite particulièrement les accusations de pillage des ressources naturelles, d’exploitation illicite des richesses du sol et du sous-sol, de massacres de populations civiles et de violences visant certaines communautés.
La coalition met ainsi en cause la cohérence de l’engagement politique de l’ancien vice-président et s’interroge sur les intérêts qu’il entend défendre à travers ses récentes prises de position.
L’AFC/M23 et le Rwanda au centre des accusations de la coalition
Dans sa déclaration, la CPC établit un lien direct entre les propos qu’elle attribue à Azarias Ruberwa et la situation sécuritaire dans l’est de la RDC. Elle affirme que les populations swahiliphones de plusieurs villes et localités, Goma, Bukavu, Masisi, Sake et Rutshuru, sont elles-mêmes victimes des violences qu’elle impute à l’armée rwandaise et aux combattants de l’AFC/M23.
La coalition interpelle ainsi publiquement l’ancien vice-président sur les responsabilités qu’elle attribue à ces acteurs dans les massacres et les violences commis dans cette partie du pays.
Ces accusations s’inscrivent dans la ligne politique défendue par la CPC, qui considère que la crise dans l’est de la RDC doit être abordée sous l’angle de la souveraineté nationale, de la protection des populations civiles et de la responsabilité des auteurs de crimes.
Un appel à la mobilisation nationale
En annonçant une marche pacifique dans toutes les provinces du pays, la Coalition des Patriotes pour le Changement entend donner une portée nationale à ses revendications. La mobilisation prévue le 14 novembre 2026 doit, selon ses initiateurs, permettre de réunir les Congolais autour de la défense de l’intégrité territoriale, du soutien aux forces de défense et de la lutte contre l’impunité.
La CPC place également cette manifestation dans le prolongement de son plaidoyer pour un dialogue constructif, la cohésion nationale et la refondation de l’État.
Reste à voir quelle sera l’ampleur de la participation à cette marche annoncée et quelles suites les autorités réserveront aux revendications formulées par la coalition, notamment sur la création d’un tribunal pénal international pour la RDC.
La déclaration se termine par un appel patriotique en faveur de la République démocratique du Congo, de la Coalition des Patriotes pour le Changement et du peuple congolais.
La Gazette du Continent
