Le Groupe des jeunes pour le suivi citoyen de la ville de Bumba dans la province de la Mongala adresse une pétition ouverte à la Première ministre pour réclamer la concrétisation des projets annoncés lors de sa visite du 2 février 2026. C’était au terme d’une marche dit blanche organisée le 9 octobre 2026.
Le Groupe des jeunes pour le suivi citoyen de Bumba (GJSC) interpelle la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, sur la non-réalisation, à ce jour, de plusieurs travaux d’infrastructures annoncés dans la ville de Bumba, chef-lieu du territoire du même nom, dans la province de la Mongala. Dans une pétition ouverte datée du 9 octobre 2026, cette organisation citoyenne sollicite l’implication personnelle de la cheffe du gouvernement pour accélérer la concrétisation des projets de voirie urbaine, de réhabilitation de l’aérodrome et de modernisation du port public de la Société des chemins de fer Uélé-Fleuve (SCFUF S.A.).
Adressée directement à Judith Suminwa, avec copie pour information au président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, au président de l’Assemblée nationale et au président du Sénat, cette démarche s’inscrit, selon ses initiateurs, dans le cadre du suivi citoyen des engagements pris par les autorités publiques.

Des engagements annoncés lors de la visite de février 2026
Dans leur correspondance référencée 02/GJSC/BBA/2026, les jeunes de Bumba rappellent la visite officielle effectuée le 2 février 2026 par la Première ministre, à la tête d’une importante délégation gouvernementale.
À cette occasion, devant la population locale, Judith Suminwa avait annoncé le lancement des travaux de trois infrastructures considérées comme importantes pour le développement de cette partie de la province de la Mongala : la voirie urbaine de Bumba, l’aérodrome de Bumba et le port public exploité par la Société des chemins de fer Uélé-Fleuve.
Ces projets sont présentés par les pétitionnaires comme des leviers susceptibles d’améliorer les conditions de vie des habitants, de faciliter les déplacements et de renforcer les échanges économiques dans cette zone du nord-ouest de la République Démocratique du Congo.
La voirie urbaine est attendue pour améliorer la circulation à l’intérieur de la ville et faciliter l’accès aux différents quartiers. La modernisation de l’aérodrome pourrait, quant à elle, contribuer à améliorer la desserte aérienne de Bumba, tandis que la réhabilitation du port public est susceptible de renforcer les activités commerciales et les échanges par voie fluviale.
Toutefois, le GJSC déplore qu’en dépit des annonces faites lors de cette visite officielle, aucun résultat concret ne soit, selon lui, visible sur le terrain au 9 octobre 2026.
Six mois après les annonces, l’impatience grandit dans la population
Plus de huit mois après la visite de la cheffe du gouvernement, les signataires de la pétition affirment que les travaux annoncés n’ont toujours pas connu de réalisation effective sur le terrain.
Cette situation suscite, selon eux, des interrogations au sein de la population locale, qui attend de voir les engagements publics se traduire en actions concrètes.
Dans leur lettre, les jeunes expriment leur incompréhension face à ce qu’ils considèrent comme un décalage entre les annonces officielles et la situation observée à Bumba. Ils établissent également un contraste avec d’autres provinces et territoires du pays où, soulignent-ils, des infrastructures de base font l’objet d’inaugurations après leur réalisation.
Pour le Groupe des jeunes pour le suivi citoyen, les annonces de projets de développement ne peuvent constituer une fin en soi. Elles doivent être suivies d’une mise en œuvre effective, assortie d’informations précises sur le calendrier des travaux, les financements mobilisés et les étapes de réalisation.
La pétition ne fournit toutefois pas de précisions sur les éventuels marchés publics attribués, les entreprises chargées de l’exécution, les budgets prévus ou les raisons administratives et financières susceptibles d’expliquer les retards dénoncés.
Une pétition fondée sur l’article 27 de la Constitution
Pour justifier leur démarche, les pétitionnaires invoquent l’article 27 de la Constitution de la République Démocratique du Congo, qui reconnaît à tout Congolais le droit d’adresser individuellement ou collectivement une pétition à une autorité publique.

Cette disposition prévoit également que l’autorité saisie doit répondre dans un délai de trois mois et qu’aucun citoyen ne peut faire l’objet de poursuites ou de sanctions pour avoir exercé ce droit.
En s’appuyant sur cette garantie constitutionnelle, le Groupe des jeunes pour le suivi citoyen entend porter officiellement les préoccupations de la population de Bumba auprès de la cheffe du gouvernement.
L’organisation demande à Judith Suminwa de s’impliquer personnellement afin que les travaux annoncés soient effectivement exécutés. Elle attend notamment que les autorités concernées donnent des suites concrètes aux engagements pris lors de la visite officielle du 2 février 2026.
Cette démarche constitue ainsi une interpellation politique et citoyenne, mais aussi une demande de redevabilité adressée au gouvernement sur le suivi des projets publics annoncés dans la Mongala.
La Mongala face aux attentes en matière de développement
À travers cette pétition, les jeunes dénoncent ce qu’ils qualifient de discours politiques sans effets tangibles sur les conditions de vie des habitants. Ils estiment que la population de la Mongala, et particulièrement celle de Bumba, reste confrontée à un sentiment de frustration face aux promesses de développement qui tardent à se matérialiser.
Dans leur correspondance, ils décrivent une population désabusée, qui attend des réponses concrètes des autorités nationales. Ils invitent ainsi la Première ministre à considérer les attentes locales non comme de simples revendications politiques, mais comme une demande légitime d’amélioration des infrastructures et des services.
Au-delà des trois projets cités, cette interpellation pose la question du suivi des engagements pris par les responsables publics lors de leurs déplacements en province. Pour les citoyens, l’annonce d’un chantier devrait pouvoir être accompagnée d’informations accessibles sur son financement, son calendrier d’exécution et les résultats attendus.
La transparence sur ces différents aspects permettrait notamment à la population de suivre l’évolution des projets et d’évaluer les progrès accomplis.
Judith Suminwa appelée à donner des suites concrètes
En conclusion, le Groupe des jeunes pour le suivi citoyen demande à Judith Suminwa de prendre les dispositions nécessaires pour que les travaux de voirie urbaine, de l’aérodrome et du port public de Bumba passent du stade des annonces à celui de la réalisation.
Les signataires disent garder l’espoir d’une intervention de la Première ministre, qu’ils présentent comme une responsable appelée à répondre aux attentes de la population.
La pétition a été transmise avec copie au président de la République ainsi qu’aux présidents des deux chambres du Parlement, afin de porter ces revendications à la connaissance des principales institutions nationales.
Reste désormais à connaître la réaction du gouvernement et les mesures qu’il entend prendre pour répondre aux préoccupations exprimées par les jeunes de Bumba.
Pour les pétitionnaires, l’enjeu est clair : faire en sorte que les engagements annoncés le 2 février 2026 se traduisent en réalisations concrètes, capables de contribuer au désenclavement de la ville, au développement des échanges et à l’amélioration des conditions de vie dans la province de la Mongala.
La Gazette du Continent
