Dans la ville côtière de Muanda, les défis de la justice ne se limitent pas au traitement des dossiers judiciaires. Ils concernent également les infrastructures, les conditions de travail des acteurs judiciaires et la prise en charge des personnes détenues.
C’est cette réalité que le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, est venu évaluer sur le terrain dans le cadre de sa mission dans le Kongo Central.
La visite a débuté par un échange avec les autorités territoriales. Reçu par l’administrateur du territoire, Nicolas Kinduelo Ndombasi, le ministre a été informé le 2 septembre 2026 des principales préoccupations locales, notamment en matière de sécurité, de délinquance, d’accès à la justice et de suivi des procédures judiciaires.
L’objectif affiché est de rapprocher davantage la justice des populations et d’améliorer la réponse de l’appareil judiciaire face aux infractions.

Un parquet confronté à d’importantes insuffisances
Au Parquet près le Tribunal de paix de Muanda, le ministre a pu constater plusieurs difficultés qui affectent le fonctionnement quotidien de cette institution.
Le parquet ne dispose notamment pas de bâtiment propre. À cela s’ajoutent l’insuffisance des infrastructures de détention et l’absence d’un dispositif adapté à la prise en charge des mineurs en conflit avec la loi.
Les magistrats, greffiers et autres agents judiciaires travaillent également dans des conditions jugées difficiles.
Ces insuffisances ont des répercussions sur plusieurs aspects du service judiciaire, notamment l’accueil des justiciables, la conservation des dossiers, le suivi des procédures et la prise en charge des personnes privées de liberté.
Les mangroves au cœur d’un litige foncier
La mission ministérielle s’est également intéressée à une autre problématique majeure de Muanda, c’est la protection des mangroves.
Ces écosystèmes côtiers, particulièrement fragiles, font l’objet d’un litige autour de l’attribution de certaines portions de terrain à des particuliers.
Sur le site concerné, Guillaume Ngefa Atondoko Andali a pu constater l’état des lieux et prendre connaissance des différents éléments à l’origine du différend.
Une décision judiciaire aurait par ailleurs ordonné la suspension des travaux de remblayage et de construction entrepris sur une partie du site.
Faire respecter le droit et protéger un écosystème fragile
Sur place, le ministre a échangé avec les responsables locaux sur le statut des terrains concernés, les conditions d’attribution invoquées ainsi que le respect des règles applicables aux zones de mangroves.
Cette démarche illustre, selon le ministère, la nécessité de faire respecter simultanément les décisions de justice, les règles foncières et les dispositions relatives à la protection de l’environnement.
À Muanda, la question des mangroves dépasse ainsi le seul cadre d’un conflit foncier. La préservation de ces espaces participe également à la protection du littoral et des écosystèmes côtiers.
Justice, environnement et intérêt public
À travers cette étape de sa mission, Guillaume Ngefa entend dresser un état des lieux des difficultés rencontrées dans le secteur de la Justice tout en s’intéressant aux dossiers présentant un enjeu particulier pour l’intérêt public.
La situation du parquet, les conditions de détention et le litige autour des mangroves illustrent ainsi des problématiques différentes, mais qui renvoient toutes à un même impératif : faire respecter le droit tout en garantissant la protection des personnes et du patrimoine collectif.
La Gazette du Continent
