Le député provincial de Kinshasa, Jacques Munze Epiana, alerte sur des pratiques qu’il qualifie « d’abus de pouvoir » et de « comportements déviationnistes » au sein du Bureau communal de la Brigade spéciale pour la protection de l’environnement et du bien-être social (BSPE-BESK) dans la commune de Maluku.
Dans une correspondance datée du 24 août 2026, adressée notamment au Commandant spécial, chef de corps de la BSPE-BESK, l’élu sollicite l’ouverture d’une enquête sur plusieurs faits constatés, selon lui, lors de ses descentes sur le terrain pendant les vacances parlementaires.
Tracasseries et démolitions sélectives dénoncées
Jacques Munze Epiana affirme avoir recueilli des informations faisant état de tracasseries, de démolitions sélectives et de perceptions d’amendes transactionnelles sans traçabilité dans certains secteurs de Maluku.
Il cite notamment le quartier Mandungu/Siforco, le long de la localité de Mukongo ya Koba, ainsi que le camp Sosider, dans le quartier Monaco.
Selon le député, certains agents de la BSPE-BESK seraient accusés de monnayer la destruction ou la préservation de biens appartenant à des particuliers. Il souligne par ailleurs que plusieurs occupants des zones concernées disposeraient de titres de propriété.
Ces accusations, qui nécessitent d’être vérifiées par les autorités compétentes, sont au cœur de la demande d’enquête formulée par l’élu.
Le député invoque les missions officielles de la BSPE-BESK
Dans sa correspondance, Jacques Munze Epiana rappelle les missions attribuées à la BSPE-BESK par l’arrêté n° SC/0056/CAB/GVK/DGL/IML/2025 du 20 mars 2025 ainsi que par un ordre de mission daté du 4 juin 2026.
Il estime que les interventions sur le terrain doivent notamment porter sur la sensibilisation de la population aux règles d’hygiène et de protection de l’environnement, le contrôle de la propreté des espaces, l’émission d’avertissements et de convocations en matière d’assainissement ainsi que, dans les cas prévus par la loi, l’application d’amendes transactionnelles.
Pour l’élu, certaines pratiques dénoncées seraient en contradiction avec l’esprit et les limites de ces missions.
Un traitement jugé à « deux poids, deux mesures »
Le député dénonce également ce qu’il présente comme une application sélective des interventions de la BSPE-BESK à Maluku.
Il cite plusieurs endroits où, selon lui, des situations nécessitant une intervention des services compétents resteraient sans réponse. Il mentionne notamment le marché Paulino, où des constructions auraient été érigées à la place des étalages, ainsi que les abords de l’ancien cimetière de Maluku Zone 1, où il affirme que des tombeaux auraient été détruits au profit de kiosques et de parcelles.
Il évoque également l’érection d’un marché dans le prolongement de l’avenue Ngantaba vers Buke-Buke, ainsi que l’installation de kiosques au parking situé devant le marché Menkao, alors que cet espace devrait, selon lui, être destiné à l’embellissement et à l’aménagement paysager.
Crainte d’une montée des tensions
Jacques Munze Epiana estime que la persistance de telles pratiques pourrait alimenter la frustration de la population et provoquer des tensions susceptibles d’affecter l’ordre public et la paix sociale dans cette commune urbano-rurale de Maluku.
L’élu insiste toutefois sur son attachement au respect des lois, au fonctionnement harmonieux des institutions et à une collaboration respectueuse entre les élus et les services de l’État.
Il affirme que cette collaboration ne devrait en aucun cas servir de prétexte à des actes d’intimidation, de menace, de pression ou de tracasserie.
Une enquête réclamée
Face à ces accusations, le député provincial demande au commandement de la BSPE-BESK de diligenter une enquête dans les différents sites mentionnés.
Il souhaite notamment que les circonstances exactes des faits soient établies, que la conformité des interventions des agents aux textes en vigueur soit vérifiée et que, le cas échéant, des mesures administratives ou disciplinaires soient prises.
Pour Jacques Munze Epiana, l’objectif est également de contribuer à restaurer l’image des services chargés de la protection de l’environnement et de l’assainissement à Kinshasa, dans le cadre de la politique de modernisation et d’amélioration de la gouvernance de la capitale.
À ce stade, les faits dénoncés demeurent des allégations formulées par le député provincial et devront être établis ou infirmés par les investigations des autorités compétentes.
La Gazette du Continent
