Le 20 octobre 2011 décédait Mouammar Kadhafi , il a incarné aux yeux de certains Africains, une ambition de souveraineté et d’unité continentale, tout en dirigeant la Libye d’une main de fer pendant plus de quatre décennies.
Héros ou tyran , deux lectures s’affrontent . Il y a deux Kadhafi , le dirigeant autoritaire dans son propre pays, et un autre Kadhafi qui voulait peser sur le destin de l’Afrique. Pour certains, Mouammar Kadhafi est un héros africain car il défendait l’idée des États-Unis d’Afrique, avec une plus grande intégration politique et économique du continent. Il a financé des projets et des investissements dans plusieurs pays africains grâce aux revenus pétroliers libyens. Il voulait donner à l’Afrique davantage de poids face aux grandes puissances.

Il voulait affranchir le continent africain de la tutelle occidentale , il nourrissait le rêve d’une grande Afrique. Pour d’autres, il fut un dictateur sanguinaire . Il a gouverné la Libye pendant plus de 40 ans sans véritable alternance démocratique.
Son régime réprimait les opposants et ne garantissait pas les libertés politiques.
Sa politique africaine a également été marquée par des interventions militaires et le soutien à certains mouvements armés. Comment peut-on défendre la souveraineté de l’Afrique tout en privant son propre peuple de libertés politiques ? C’est là que se situe toute la complexité de l’héritage de Kadhafi.
Deux obstinations se sont toujours affrontées a propos de Kadhafi.
Son assassinat mérite qu’on s’y arrête . Des soulèvements populaires ont eu lieu dans plusieurs pays du monde arabe (Tunisie, Egypte) désignés sous le nom de Printemps arabe. En février 2011, la Libye connaît à son tour une contestation d’une grande ampleur qui se transforme en une insurrection armée.

Mouammar Kadhafi fait réprimer la révolte par des tirs à balles réelles et des bombardements aériens.
Nicola Sarkozy, l’Otan, les États-Unis
Le Conseil de sécurité des Nations unies adopte en mars 2011 la résolution 1973, qui permet l’établissement d’une zone d’exclusion aérienne en Libye, pour protéger les populations civiles.
En fuite avec sa famille dans la région de Syrte, le 20 octobre 2011 Mouammar Kadhafi fut capturé avec son fils par le CNT (conseil national de transition), organisation créée par les occidentaux.
Le CNT annonce la mort de Mouammar et de son fils Moatassem Kadhafi. Les circonstances de son assassinat sont inqualifiables et entourées des mystères.
Ce sont les américains et les français qui ont donné l’ordre de tuer Kadhafi. Un drone Predator américain aurait repéré, à l’aube, son convoi ,ensuite, une patrouille d’avions français serait intervenue. Son convoi aurait été arrêté par des tirs de missiles du drone et par un bombardement d’un Mirage de l’escadron de chasse.
Pourquoi ne pas l’avoir capturé,désarmé et jugé vivant ? Pourquoi l’ont-ils tué ?
En vertu des lois de la guerre, tuer des combattants capturés constitue un crime de guerre, et les autorités civiles et militaires libyennes sont tenues d’enquêter sur les circonstances de sa mort.
L’occident a salué sa mort , même Barack Obama pour qui les africains avaient fondé leur espoir pour le continent a déçu. Que restera-t-il de son rêve panafricain ? Le 20 octobre 2026 a marqué le quinzième anniversaire de sa mort. Son héritage reste controversé, entre ambitions panafricaines et autoritarisme, la Libye sombre aujourd’hui dans la guerre civile,depuis la mort de Kadhafi, le tout dans un jeu de duplicité des puissances.
Jean-Claude Mombong Mass
