La situation sécuritaire reste préoccupante dans plusieurs secteurs du territoire de Djugu, en Ituri, après une série d’incidents impliquant différents groupes armés.
Dans une communication rendue publique mardi 29 septembre, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) accusent notamment la Convention pour la révolution populaire (CRP), associée à Thomas Lubanga, de poursuivre ses activités armées malgré le cessez-le-feu annoncé par ce groupe.
Selon la sous-lieutenante Gorethe Mutwale, porte-parole du secteur opérationnel des FARDC en Ituri, l’armée rapporte des assassinats ciblés, des enlèvements et des attaques contre ses positions dans plusieurs localités de Djugu, notamment à Bini, Passio, Mabanga, Dimo, Ngukle et Liko. Des embuscades sont également signalées sur certains axes routiers.
« Le secteur opérationnel de l’Ituri dénonce avec fermeté de graves atteintes à l’intégrité physique des paisibles populations dans le territoire de Djugu », a déclaré la porte-parole militaire, qui attribue ces actes à la CRP/M23 de Thomas Lubanga.
Les FARDC assurent que leurs unités restent mobilisées pour protéger les civils et leurs biens.
Cette situation intervient alors que des violences distinctes opposent également la CRP et la CODECO. Le 27 septembre, des affrontements entre les deux groupes ont notamment été rapportés à Nyampala. Des sources sécuritaires ont fait état d’au moins 16 combattants tués, un bilan qui n’a toutefois pas pu être confirmé de manière indépendante.
À Rhoo et Blukwa, des incidents attribués à des éléments de la CODECO ont également provoqué d’importants mouvements de population. La MONUSCO indique que plus de 3 100 civils, dont près de 1 600 femmes et 900 enfants, ont cherché protection auprès de sa base à Rhoo à la suite des affrontements du 27 septembre.
À Blukwa, plusieurs habitations auraient par ailleurs été incendiées. La MONUSCO, en coordination avec les FARDC, a renforcé ses patrouilles dans les zones affectées afin de protéger les populations civiles.
Les bilans humains avancés par différentes sources locales restent provisoires et fragmentaires, dans l’attente d’une consolidation par les autorités et les acteurs de la réponse sécuritaire.
Face à cette situation, les FARDC appellent les populations à la vigilance et réaffirment leur engagement à assurer leur protection. De son côté, la MONUSCO poursuit ses patrouilles et ses dispositifs de protection dans les zones affectées par les violences.
Keno M.
