L’Institut supérieur des techniques appliquées (ISTA-Kinshasa) dispose désormais de deux nouvelles infrastructures destinées à renforcer la formation, la recherche et les compétences techniques en République Démocratique du Congo.
Il s’agit d’un atelier de maintenance biomédicale et d’une bibliothèque numérique, inaugurés dans le cadre de la coopération entre la RDC et la France, avec l’appui de l’Agence française de développement (AFD), d’Expertise France et du projet Laboh Kin.
La cérémonie a réuni le 16 septembre 2026 les responsables de l’ISTA, les représentants des ministères concernés, ainsi que les partenaires français engagés dans l’accompagnement de l’enseignement supérieur, de la recherche et du système de santé.

Un atelier dédié à la maintenance des équipements biomédicaux
Pour la directeur général de l’ISTA-Kinshasa, Elysé Mbuyamba, la mise en service de cet atelier répond à un besoin important du système de santé congolais. La disponibilité des équipements biomédicaux constitue en effet un enjeu majeur pour le fonctionnement des établissements sanitaires et la qualité des soins.
L’atelier doit ainsi servir à la formation pratique des étudiants, mais également au développement de la recherche, de l’innovation et des compétences dans le domaine de la maintenance biomédicale.
L’ambition est d’en faire un espace de référence où étudiants, enseignants, techniciens et chercheurs pourront travailler en collaboration avec les établissements de santé, les entreprises et les institutions spécialisées.
Cette infrastructure doit contribuer à former des techniciens et ingénieurs capables d’assurer la maintenance préventive et curative des équipements biomédicaux, afin de réduire les pannes, les coûts d’intervention et les délais d’immobilisation des matériels.
Une réponse à la question de la pérennité du projet Laboh Kin
Le directeur général d’Expertise France, Jérémie Pellet, a souligné l’importance de cette dimension de pérennité.
Dans le cadre du projet Laboh Kin, cinq laboratoires ont été construits et équipés dans des établissements hospitaliers de référence à Kinshasa. Ces structures ont vocation à renforcer les capacités de diagnostic et à constituer un réseau de laboratoires sentinelles capable de contribuer à la détection précoce des risques épidémiques.
Près de 300 professionnels de santé ont été formés dans le cadre du projet, avec un impact attendu sur la prise en charge de plus de deux millions d’habitants.

Mais pour le représentant de l’ambassadeur de France en RDC, la construction et l’équipement des infrastructures ne constituent qu’une étape. Les équipements biomédicaux étant appelés à tomber en panne ou à nécessiter des interventions techniques, il est indispensable de disposer localement de compétences capables d’assurer leur entretien et leur réparation.
Le nouvel atelier de l’ISTA doit donc permettre de créer et de consolider ces compétences nationales.
La formation au cœur de la coopération universitaire
Jérémie Pellet a également insisté sur la dimension académique du partenariat. L’ISTA fait partie des établissements accompagnés dans le cadre des programmes français de soutien à l’enseignement supérieur.
La coopération porte sur le renforcement des filières d’ingénierie, la formation pratique, la recherche et l’actualisation des programmes d’enseignement.
Des partenariats ont été développés entre l’ISTA et des établissements français, notamment Polytech Marseille et l’Université de technologie de Compiègne. Des immersions et échanges académiques ont également permis de rapprocher certaines formations en ingénierie biomédicale des standards internationaux.
Le nouvel atelier et la bibliothèque numérique apparaissent ainsi comme l’aboutissement d’un accompagnement qui associe infrastructures, formation et développement des compétences.
Une bibliothèque numérique pour ouvrir l’ISTA au monde scientifique
La deuxième infrastructure inaugurée est une bibliothèque numérique destinée aux étudiants, enseignants et chercheurs.
Elle doit faciliter l’accès aux ressources scientifiques et documentaires, renforcer les capacités de recherche et favoriser l’ouverture de la communauté universitaire de l’ISTA aux connaissances scientifiques produites à travers le monde.
Pour le professeur Mbuyamba, cet outil constitue un levier important pour stimuler la recherche et l’innovation, tout en permettant aux étudiants et aux chercheurs de disposer de ressources adaptées à leurs besoins académiques.
La bibliothèque s’inscrit ainsi dans la volonté de moderniser l’enseignement supérieur et de favoriser l’utilisation des outils numériques dans la formation et la recherche.
La maintenance, une priorité du système de santé
Le représentant du Secrétariat général à la Santé publique a, pour sa part, rappelé que la maintenance des infrastructures, des équipements et des dispositifs médicaux constitue désormais une composante essentielle de la réforme du système de santé.
Depuis 2025, le ministère de la Santé publique travaille sur un plan stratégique de réforme hospitalière pour la période 2025-2030. La maintenance des infrastructures et des équipements médicaux figure parmi les axes importants de cette démarche.
Le constat établi au niveau national est que plusieurs établissements sanitaires disposent d’infrastructures et d’équipements mis en service depuis plusieurs décennies, sans mécanisme suffisamment structuré pour assurer leur maintenance.
Le manque d’unités opérationnelles et de personnel suffisamment formé constitue ainsi l’un des défis identifiés dans le développement du système national de santé.
Dans ce contexte, le nouvel atelier de l’ISTA doit contribuer à combler le déficit de compétences dans le domaine de la maintenance biomédicale.
Un partenariat entre l’enseignement supérieur et la santé
Le représentant du ministère de la Santé a également rappelé qu’un protocole de collaboration avait été signé depuis 2023 entre le Secrétariat général à la Santé publique et l’ISTA.
Cette collaboration vise à développer la formation en ingénierie biomédicale, à renforcer les capacités des techniciens et ingénieurs déjà actifs au sein du ministère et à améliorer la formation initiale ainsi que la recherche.
L’atelier de maintenance biomédicale et la bibliothèque numérique constituent, selon cette approche, des résultats concrets de ce partenariat entre les secteurs de la santé et de l’enseignement supérieur.
Le gouvernement salue une infrastructure au service de la formation
Représentant le ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, recherche scientifique et innovation, le directeur de cabinet Hilaire Makindu Massamba Kaba a salué la mise en service de ces deux infrastructures.
Il a estimé que l’atelier de maintenance biomédicale vient renforcer la formation pratique des étudiants à la croisée de l’ingénierie, de la technologie et de la santé.
Il doit également contribuer à la constitution d’un vivier national de compétences capables d’assurer la maintenance et la réparation des équipements biomédicaux utilisés dans les hôpitaux et les centres de santé.
La bibliothèque numérique, quant à elle, doit faciliter l’accès des étudiants, enseignants et chercheurs aux ressources scientifiques et documentaires, tout en soutenant la recherche et l’innovation.
Au nom du ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, recherche scientifique et innovation et du gouvernement congolais, Hilaire Makindu Massamba Kaba a salué l’appui de la France, de l’AFD, d’Expertise France et de Laboh Kin.
De nouvelles infrastructures, mais aussi une responsabilité
Le directeur de cabinet du ministre de l’Enseignement supérieur a toutefois insisté sur la nécessité de préserver ces acquis.
Pour lui, la mise à disposition de ces infrastructures représente à la fois une opportunité et une responsabilité pour la communauté universitaire. Leur utilisation rationnelle, leur entretien et leur valorisation devront permettre d’en garantir la durabilité au bénéfice des étudiants, des chercheurs et de l’ensemble de la communauté.
Cette exigence rejoint le message porté par les différents partenaires : la construction des infrastructures ne constitue pas une fin en soi. Leur impact dépendra surtout de la capacité des institutions congolaises à les utiliser efficacement, à les entretenir et à développer les compétences nécessaires à leur fonctionnement.
L’ISTA appelé à renforcer son rôle de pôle scientifique
Fondé il y a plus de cinquante ans et accueillant près de 9.000 étudiants, l’ISTA entend renforcer son positionnement comme établissement de référence dans les sciences et technologies en RDC et dans la sous-région.
Le nouvel atelier de maintenance biomédicale, la bibliothèque numérique, mais aussi les autres infrastructures réalisées dans le cadre des différents programmes de coopération, participent à cette ambition.
Parmi ces réalisations figurent notamment, dans le cadre du Programme d’appui à l’enseignement supérieur (PAES), un nouvel amphithéâtre, un laboratoire pratique partagé ainsi que des infrastructures destinées à l’unité Genre et à l’accompagnement de l’insertion professionnelle.
La perspective du développement des compétences nécessaires aux futurs projets d’infrastructures, notamment autour d’Inga, fait également partie des axes de cette coopération.
La coopération RDC-France appelée à se poursuivre
Avec un financement global de 12 millions d’euros consacré au projet concerné, la coopération franco-congolaise entend ainsi agir simultanément sur les infrastructures, la formation, la recherche et le développement des compétences.
Les nouvelles installations de l’ISTA illustrent une approche fondée sur le transfert de compétences et la création de capacités durables en RDC.
L’enjeu est désormais de faire de l’atelier de maintenance biomédicale un véritable centre de compétences au service du système de santé et de la bibliothèque numérique un espace privilégié pour l’accès au savoir et le développement de la recherche.
La cérémonie s’est achevée par l’inauguration officielle des deux infrastructures, avec l’engagement des responsables de l’ISTA et des partenaires à poursuivre leur collaboration en faveur de la formation, de la recherche, de l’innovation et du renforcement des capacités nationales.
La Gazette du Continent
