L’Association congolaise pour l’accès à la justice (ACAJ) appelle à une transparence totale dans la gestion des fonds mobilisés pour la riposte contre l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC).
S’appuyant sur la déclaration de l’Institut national de santé publique (INSP), l’organisation estime que celle-ci conforte son précédent communiqué de presse, notamment sur l’opacité entourant la gestion de 700 millions de dollars versés par différents donateurs aux partenaires chargés de la mise en œuvre de la riposte.
Pour l’ACAJ, les partenaires de mise en œuvre doivent accomplir toutes les diligences nécessaires afin de clarifier l’affectation des ressources financières reçues des bailleurs. L’organisation considère que les exigences de transparence et de redevabilité doivent s’appliquer à l’ensemble des acteurs impliqués dans la lutte contre la maladie à virus Ebola.
L’ACAJ souligne notamment la responsabilité du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) et du gouvernement congolais, qu’elle place au premier plan de cette exigence de transparence. À ce titre, elle estime que les autorités congolaises doivent faire preuve d’exemplarité en justifiant de manière exhaustive l’utilisation des 50 millions de dollars décaissés par le Trésor public et mis à la disposition du ministère de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Prévoyance sociale pour financer la riposte contre Ebola.
L’organisation rappelle que l’épidémie a déjà coûté la vie à plus de 4 000 Congolais, tout en provoquant une détresse sociale et humanitaire considérable dans de nombreux foyers. Dans ce contexte, elle juge indispensable que les ressources publiques destinées à combattre la maladie soient utilisées conformément à leur objectif et que leur affectation puisse être clairement établie.
L’ACAJ estime ainsi que la Première ministre, cheffe du gouvernement, a eu raison de demander au ministre de la Santé de justifier sans délai l’utilisation de ces fonds publics. Pour l’organisation, cette démarche constitue une exigence de redevabilité envers la population, au regard de l’ampleur des ressources mobilisées et des conséquences humaines de l’épidémie.
En conclusion, l’ACAJ avertit qu’une absence de clarification pourrait alimenter les soupçons d’une partie de l’opinion publique, qui estime que la contribution financière substantielle du gouvernement aurait pu servir des intérêts étrangers à la riposte contre Ebola. Elle réaffirme ainsi la nécessité de rendre compte de l’utilisation des fonds afin de dissiper les interrogations sur leur gestion.
Tenplar Ngwadi
