La Coalition Verte pour le Couloir Vert Kivu-Kinshasa sollicite une place active dans la mise en œuvre de ce vaste projet de conservation et de développement durable en République démocratique du Congo. Dans une correspondance datée du 15 octobre 2026 et adressée au directeur exécutif de la Fondation Virunga, la coalition propose de mettre son expertise au service des communautés locales et des peuples autochtones pygmées concernés par le projet.
Regroupant des organisations de la société civile environnementale, des experts, des universitaires, des jeunes, des femmes et des représentants des communautés, la coalition affirme vouloir contribuer à faire du Couloir Vert un modèle de conservation communautaire. Elle souligne toutefois que la protection des forêts et de la biodiversité doit aller de pair avec le respect des droits des populations qui vivent dans les territoires concernés.
Au cœur de sa démarche figure la participation effective des communautés aux décisions relatives à leurs terres et à leurs ressources naturelles. La coalition met notamment en avant le principe du consentement libre, informé, préalable et éclairé, qui doit permettre aux populations concernées de comprendre les projets envisagés et de participer aux décisions susceptibles d’affecter leurs conditions de vie.
Elle met également en garde contre le risque de marginalisation ou d’expulsion des communautés locales et des peuples autochtones au nom de la conservation de la nature. Pour les organisations signataires, la durabilité du projet dépend notamment de la reconnaissance des droits coutumiers et fonciers, de la transparence dans la gestion et du partage équitable des bénéfices issus des activités de conservation.
Dans sa correspondance, la coalition propose plusieurs domaines d’intervention. Elle se dit notamment disposée à contribuer à la vulgarisation des textes juridiques encadrant le Couloir Vert, à l’éducation environnementale, à la défense des droits humains et à la promotion de la justice environnementale et climatique.
Elle souhaite aussi participer à la mise en place de mécanismes communautaires de gestion des plaintes, de médiation et d’alerte précoce. Ces dispositifs devraient, selon elle, permettre de prévenir les conflits entre les communautés, les autorités publiques, les gestionnaires des espaces protégés et les investisseurs.
La coalition entend par ailleurs soutenir le développement d’activités économiques durables, notamment l’agroforesterie, l’écotourisme, les énergies renouvelables et l’entrepreneuriat vert. Elle propose également un accompagnement juridique des communautés ainsi qu’un suivi du respect des engagements environnementaux et sociaux pris par les opérateurs économiques.
Cette démarche intervient après la création, annoncée le 30 septembre 2026, d’un Comité indépendant de la société civile pour la gouvernance participative du Couloir Vert Kivu-Kinshasa. Selon le communiqué publié à cette occasion, ce comité, constitué autour d’un accord de collaboration avec la Fondation Virunga, doit notamment suivre la participation des communautés aux décisions, le respect de leurs droits et l’existence de mécanismes de recours.
Les deux initiatives mettent ainsi en avant la nécessité d’une gouvernance participative du projet, même si leurs structures et leurs missions ne sont pas identiques. La coalition souhaite apporter directement son expertise et accompagner les communautés, tandis que le comité indépendant est chargé de suivre et d’analyser les engagements relatifs à la participation et aux droits.
Créé par le décret n° 025/01 du 15 janvier 2025, le Couloir Vert Kivu-Kinshasa vise à associer la conservation des écosystèmes au développement économique durable. Selon les informations communiquées par les promoteurs du projet, il couvre environ 544 270 kilomètres carrés et sa phase pilote, prévue de 2025 à 2028, doit permettre d’expérimenter différents projets et mécanismes de gouvernance.
Dans sa lettre, la Coalition Verte affirme que les organisations signataires sont prêtes à collaborer avec la Fondation Virunga pour contribuer à la réussite du projet. Reste à préciser les modalités concrètes de leur participation et la manière dont leurs propositions seront prises en compte dans sa mise en œuvre.
Magloire Mutulwa
