Le répit aura été de courte durée en Afrique du Sud. Des affrontements entre manifestants sud-africains et ressortissants étrangers ont éclaté jeudi, notamment à Soweto et à Durban, ravivant les tensions xénophobes dans le pays.
Au cœur de la controverse : une décision de justice obligeant le gouvernement à reprendre le traitement des demandes d’asile, dans un contexte de fortes tensions autour de l’immigration.
À Soweto, la colère de certains habitants se traduit par des appels au départ des ressortissants étrangers, notamment somaliens. « Si je dois quitter mon pays en cas de guerre, je dois me rendre dans un pays voisin, comme le Zimbabwe ou le Swaziland ; je ne peux pas aller aux États-Unis et y demander l’asile alors que j’ai déjà traversé tant de pays. Nous ne voulons plus de Somaliens dans nos quartiers, nous ne voulons plus d’eux à Soweto, ils devraient retourner dans leurs pays respectifs », déclare Lindiwe, une habitante de la localité.
Face à la montée des tensions, le gouvernement sud-africain a mis en garde contre la désinformation. Mercredi, il a souligné que la décision de justice « n’accorde pas automatiquement le statut de réfugié ni le droit de séjour permanent à toute personne entrant en Afrique du Sud ».
Les autorités ont également réaffirmé leur engagement à mettre en œuvre les mesures annoncées en juin pour mieux gérer les flux migratoires. Celles-ci prévoient notamment le renforcement des contrôles aux frontières, la lutte contre le trafic d’êtres humains et l’accélération des expulsions des personnes qui ne remplissent pas les conditions requises pour séjourner dans le pays.
Ces explications ne semblent toutefois pas apaiser les groupes opposés à l’immigration. Pour Tshepo Mposula, responsable communautaire, la politique gouvernementale accorde une place excessive à la protection des étrangers. « Ce gouvernement est tellement obsédé par les étrangers qu’il est prêt à tout pour protéger les étrangers en situation irrégulière », affirme-t-il.
Mpumi Edward, conseillère municipale, conteste également la démarche de recensement des personnes concernées envisagée par le ministère de l’Intérieur et le gouvernement de l’ANC. « Ces personnes que le ministère de l’Intérieur et le gouvernement de l’ANC ont l’intention de recenser, ce n’est pas juste, car toutes sont entrées illégalement dans ce pays, et nous devrions les emprisonner au lieu de les recenser », soutient-elle.
La question migratoire s’impose ainsi comme un enjeu majeur à l’approche des élections prévues le 4 novembre en Afrique du Sud. Dans un pays où le taux de chômage dépasse les 30 %, les tensions autour de la présence des ressortissants étrangers continuent d’alimenter les divisions et les contestations.
La Gazette du Continent
