Une décision judiciaire saluée, mais jugée incomplète par la Dynamique Justice État de Droit (DYJED) qui estime que l’arrêt rendu le 5 juin 2026 par la Haute Cour Militaire dans l’affaire de l’assassinat des experts des Nations unies Michael Sharp et Zaida Catalán ne doit pas marquer la fin des investigations.
Dans un communiqué publié le 11 juin 2026, l’organisation prend acte de la décision qui a confirmé partiellement les condamnations de 49 personnes, dont 27 prévenus détenus et 22 autres jugés par défaut. Tous ont été condamnés à la peine de mort pour leur implication dans ce dossier.
La Haute Cour Militaire a également requalifié certaines charges, entraînant un alourdissement de plusieurs peines. C’est notamment le cas du colonel Jean Mambweni, dont la condamnation est passée de dix ans de prison à la peine capitale.
La DYJED félicite néanmoins la juridiction militaire pour le travail accompli dans des conditions qu’elle qualifie de particulièrement difficiles.
Des fugitifs et des témoins toujours introuvables
L’organisation regrette toutefois que, depuis l’ouverture du procès en appel en octobre 2022, les autorités congolaises n’aient pas fourni un soutien suffisant aux parquets militaires pour retrouver les personnes toujours en fuite ainsi que les accompagnateurs des deux experts disparus depuis les faits.
Selon la DYJED, l’identification et l’audition de ces personnes auraient pu permettre d’éclairer davantage les circonstances du double assassinat et d’établir d’éventuelles responsabilités supplémentaires.
Un dossier qui continue de soulever des questions
Michael Sharp et Zaida Catalán avaient été tués le 12 mars 2017 près du village de Moyo Musuila, dans la province du Kasaï Central, alors qu’ils enquêtaient sur les violences liées au mouvement Kamwina Nsapu.
Les deux experts étaient accompagnés de leur interprète congolais, Betu Tshintela, ainsi que de trois conducteurs de motos-taxis : Isaac Kabuayi, Pascal Nzala et un dénommé Moïse, dont le nom complet reste inconnu. Aucun d’entre eux n’a été retrouvé à ce jour.
Par ailleurs, l’ambassade des États-Unis en RDC avait annoncé en décembre 2024 une récompense de cinq millions de dollars américains pour toute information permettant l’arrestation de quatre suspects toujours recherchés : Evariste Ilunga Lumu, alias « Beau-Gars », Mérovée Mutombo, Gérard Kabongo et Jean Kutenelu Badibanga.
La DYJED appelle à une mobilisation des autorités
Pour l’organisation, les enquêtes doivent se poursuivre afin de retrouver les fugitifs et de localiser les personnes toujours portées disparues, qu’elles soient vivantes ou décédées.
La DYJED estime que les informations susceptibles d’être recueillies pourraient conduire à une meilleure compréhension des faits et, éventuellement, à une réévaluation des responsabilités déjà établies par la justice.
Elle appelle ainsi le gouvernement congolais à mobiliser l’ensemble des services compétents de sécurité et de justice afin d’appuyer les autorités judiciaires dans la recherche des personnes recherchées et dans la poursuite des investigations.
Selon l’organisation, seule une telle démarche permettra de garantir une justice complète dans l’une des affaires les plus emblématiques de l’histoire récente de la RDC.
La Gazette du Continent
