À travers son premier roman intitulé « La Trahison de mon corps », l’auteure sénégalaise Yaye Fatou K. Sarr aborde un sujet encore largement tabou dans de nombreuses sociétés africaines : l’infertilité et les souffrances qui l’accompagnent. L’ouvrage, dont le baptême est prévu le 17 juin 2026 à Dakar, au Sénégal, se veut un plaidoyer en faveur des femmes confrontées à l’impossibilité d’avoir des enfants.
Selon l’auteure, ce livre est né de la volonté de porter la voix de toutes celles qui vivent cette réalité dans le silence, qu’elle soit liée à une maladie, à une ménopause précoce, à des troubles hormonaux, à un avortement ou à d’autres difficultés de santé reproductive.
Dénoncer la pression sociale autour de la maternité
Yaye Fatou K. Sarr estime que la société continue souvent à réduire la valeur de la femme à sa capacité à enfanter. Une pression qui, selon elle, engendre de profondes souffrances chez de nombreuses femmes. « Derrière cette réalité se cachent des douleurs physiques, des troubles hormonaux, des douleurs articulaires, mais aussi des blessures émotionnelles et psychologiques que peu de personnes perçoivent », explique-t-elle.
À travers son récit, l’écrivaine souhaite sensibiliser le public à ces réalités souvent ignorées et ouvrir le débat sur les conséquences sociales et psychologiques de l’infertilité.
Un témoignage personnel et universel
L’ouvrage puise également dans l’expérience personnelle de son auteure. Yaye Fatou K. Sarr y évoque les épreuves liées à la maladie, au deuil, au sentiment de ne pas être entendue ou comprise, ainsi que les nombreux combats intérieurs auxquels peuvent être confrontées les femmes. Elle n’oublie pas non plus les hommes qui vivent cette situation dans le silence ou qui accompagnent leur partenaire dans ce parcours souvent difficile.
« J’ai également écrit pour tous ces hommes qui souffrent de ne pas avoir d’enfants ou qui soutiennent leur épouse avec amour et courage », souligne-t-elle.
Un récit entre douleur, amour et résilience
Commencé comme un simple projet d’écriture, « La Trahison de mon corps » a progressivement pris forme malgré les doutes de son auteure. Aujourd’hui, elle considère ce livre comme une nécessité, un moyen de témoigner et de contribuer à briser les tabous. Entre douleur, amour, résilience, espoir et reconstruction, le roman explore le quotidien de nombreuses femmes confrontées aux injonctions sociales et aux défis liés à leur santé reproductive.
À travers cette œuvre, Yaye Fatou K. Sarr espère sensibiliser l’opinion publique en Afrique et ailleurs, tout en rappelant qu’au-delà de la maternité, chaque femme mérite d’être reconnue pour sa dignité, sa valeur et son humanité.
La Gazette du Continent
