La situation du médecin chef de zone de l’Hôpital général de référence de Mweka, dans la province du Kasaï, suscite une vive controverse. En cause, un rapport attribué au poste territorial de l’Agence nationale de renseignements (ANR) de Mweka, qui circule depuis quelques jours sur les réseaux sociaux.
Ce document met en cause le docteur Amitié Bukidi Bope dans plusieurs dossiers présumés de détournement et de mauvaise gestion, dénonce Pierrot Mikobi, président des jeunes conscients du territoire de Mweka. Pourtant, ces conclusions contrastent fortement avec celles de l’Inspecteur provincial de la santé, officiellement mandaté par la ministre provinciale de la Santé pour enquêter sur la même affaire. Selon ce dernier, aucune preuve n’établit l’implication du médecin dans les faits évoqués.
Des accusations déjà classées sans suite
Certaines accusations, notamment celles liées à la gestion des intrants médicaux, auraient déjà été examinées par les services compétents de l’État. Les personnes mises en cause avaient comparu devant les instances habilitées, avant d’être relaxées, entraînant le classement du dossier. Dans ce contexte, la résurgence de ces accusations soulève des interrogations. Pour plusieurs observateurs, il s’agirait moins d’une démarche judiciaire que d’une tentative de déstabilisation.
Soupçons de règlement de comptes politiques
Au sein de la communauté locale, des voix s’élèvent pour dénoncer ce qu’elles qualifient d’acharnement politique. Le médecin serait ciblé en raison de ses liens présumés avec certaines figures politiques, notamment le député national Antoine Bushabu Bope et des membres du parti au pouvoir. Des sources évoquent également une volonté de remplacement du médecin par un proche de la famille de la ministre provinciale, ce qui alimente davantage les soupçons de conflit d’intérêts.
La prise de parole publique de la ministre provinciale de la Santé visant directement un médecin chef de zone suscite l’incompréhension. D’autant plus que plusieurs zones de santé du Kasaï font face à des défis majeurs, nécessitant une attention urgente. Pour certains experts en santé publique, cette priorité accordée à un dossier controversé détourne l’attention des véritables urgences sanitaires.
Appel à l’arbitrage du gouverneur
Face à cette situation, la communauté de Mweka appelle à l’intervention du gouverneur de province, Me Crispin Mukendi Bukasa. Elle demande un rappel à l’ordre de la ministre provinciale de la Santé, ainsi qu’un recentrage des actions sur l’intérêt général. Les habitants insistent sur la nécessité de préserver l’éthique dans le secteur de la santé, jugé trop sensible pour être exposé à des luttes politiques.
La Gazette du Continent
