« Encadrer la jeunesse, c’est ma mission ». Emile Kayongo Elongi, chef de division des Sports et Loisirs du Sankuru, actuellement en séjour à Lodja, dresse un constat préoccupant sur la situation du sport dans la province.
« Mon rôle est d’encadrer la jeunesse dans les secteurs du sport et des loisirs afin qu’elle soit utile à la société », explique-t-il. Un engagement qui vise particulièrement la jeunesse congolaise, et plus spécifiquement celle de la province du Sankuru.
Des infrastructures inachevées et peu exploitées
Un stade existe bel et bien dans la ville de Lodja. Clôturé avec des matériaux durables, il reste toutefois inachevé, ce qui limite son exploitation optimale. « Nous avons un stade qui peut aider à encadrer la jeunesse, mais il n’est pas encore achevé. Cela constitue déjà un handicap », souligne-t-il.
Au-delà des infrastructures, c’est surtout le manque de moyens qui freine le développement du sport local. « Il faut des équipements, des sponsors, un accompagnement. Aujourd’hui, nous n’avons rien de tout cela », regrette le responsable. Lors des assemblées générales des clubs, le constat est le même notamment l’absence d’équipements sportifs (ballons, vareuses, bottines), le manque de filets et d’installations adéquates et les faibles ressources financières. « Les jeunes ont du talent, mais il n’y a pas les moyens pour les encadrer correctement », insiste-t-il.
Plusieurs disciplines, mais sans soutien
Malgré ces difficultés, plusieurs disciplines sportives existent à Lodja. Il y a le football, le basketball, la boxe, le karaté, le catch et le Nzango (notamment pratiqué par les jeunes filles). « Ces disciplines sont bien présentes, mais elles manquent cruellement de soutien », précise-t-il.
Faute d’infrastructures adaptées, les jeunes pratiquent souvent dans des conditions précaires le football qui se joue principalement au stade Lumumba. Le basketball se pratique derrière le stade, sur des espaces non aménagés. Le Nzango se déroule dans certaines paroisses, comme à Saint-Désiré.
Un appel à la solidarité
Face à cette situation, Emile Kayongo Elongi lance un appel vibrant. « Nous demandons à toute personne de bonne volonté, aux sportifs et aux partenaires de nous venir en aide. Nos jeunes, y compris les filles, ont du talent. Mais sans encadrement ni moyens, ce potentiel risque d’être perdu ».
À Lodja comme dans plusieurs coins de la province du Sankuru, le sport survit grâce à la passion des jeunes et à l’engagement de quelques encadreurs. Mais sans investissements, ni soutien structuré, il est difficile de transformer ce potentiel en véritable levier de développement.
La Gazette du Continent
