Ce discours avait eu un impact retentissant à travers le monde pour promouvoir le Zaïre, l’Afrique et le président à la toque et à la canne par son contenu très riche.
Le président se pose en défenseur de l’Afrique, il rompt unilatéralement les relations bilatérales avec l’État d’Israël, il justifie cette décision par la solidarité interafricaine et arabe face au conflit au Proche-Orient, affirmant que « le Zaïre doit choisir entre un pays ami, Israël, et un pays frère, l’Égypte. Or, entre un ami et un frère, le choix est clair ».
Et d’ajouter : « Prendre fait et cause pour l’Égypte, pays frère, État fondateur de l’Organisation de l’unité africaine, c’est rester fidèle à la cause du continent africain… », affirme le général Mobutu, qui poursuit : « En agissant ainsi, le Zaïre a tout simplement respecté l’esprit de la charte de l’O.U.A. et celui de la Constitution nationale zaïroise, qui va jusqu’à prévoir certains abandons de souveraineté en faveur de l’unité africaine… ».
Ce discours mémorable de Mobutu Sese Seko aux Nations Unies a été prononcé le 4 octobre 1973 à New York lors de la 28e session de l’Assemblée générale de l’ONU.
53 ans après, rien n’a changé depuis, l’Afrique est toujours à la remorque des puissances occidentales
L’Afrique est toujours pauvre, malade de ses dirigeants, résurgence des coups d’état, mauvaise gouvernance, famine, rébellion, guerres, tribalisme, corruption, pillage des deniers publics.
Le président Mobutu Sese Seko avait refusé le terme de « sous-développé », il ne considérait pas le Zaïre comme sous-développé, mais plutôt « sous-équipé », soulignant la dignité et la valeur de son peuple face aux crises des pays dits développés.
Il avait dénoncé l’exploitation des puissances coloniales, pour lui, le monde est divisé entre les dominés et les dominateurs ; les exploités et les exploiteurs. La pauvreté des nations n’est pas due à une incapacité congénitale, mais à l’histoire coloniale marquée par le pillage et l’exploitation des richesses par les puissances dominantes ; la pauvreté des nations du Sud est le fruit historique du pillage et de l’exploitation coloniale.
Sur le plan international, le président s’est montré défenseur des peuples opprimés d’Afrique, souverainiste, Il a pris position pour la souveraineté des pays africains et contre l’apartheid en Afrique australe, marquant les esprits par un réquisitoire direct contre l’Ouest. Il a dénoncé l’apartheid en Afrique du Sud, le racisme institutionnel et la domination coloniale en Afrique (notamment dans les colonies portugaises et en Rhodésie), affirmant que la communauté internationale ne pouvait plus tolérer que la race noire soit la seule à ne pas être totalement libre.
Jean-Claude Mombong Mass
